Conseiller d’intégration
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Étant d’origine étrangère et ayant eu un parcours d’insertion
assez difficile, j’ai eu l’idée de transmettre mon expérience à
travers la création d’une nouvelle profession ayant pour
dénomination « conseiller d’intégration ». Pour que vous puissiez
bien comprendre les missions de cette nouvelle profession et
en saisir l’intérêt, je vais vous exposer ci-après :
- un résumé de mon parcours social et professionnel ; - les missions de cette nouvelle profession ; - son champ d’intervention ; - son statut social ; - les objectifs et l’intérêt pour la société.
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Résumé du PARCOURS social et professionnel
- Né le 01-12-1961 en Yougoslavie, de père serbe et de mère croate.
- En 1969, ma mère vient travailler en France suite à des accords franco-yougoslaves pour l’apport de main d’œuvre.
- Arrivée en France en juillet 1970 avec ma sœur.
-Mon père nous rejoint mais repart aussitôt en Yougoslavie. S’ensuit alors un divorce qui donne la garde des enfants à ma mère.
- Scolarisation immédiate à la Palestine, Providence, Saint-Vincent Rennes.
- Scolarité normale jusqu’à la troisième. Ma mère tombe malade cette année-là. Je me retrouve seul à gérer mon quotidien, ma sœur étant rentrée en faculté.
- Le directeur de Saint-Vincent me conseille de partir au Lycée de la Salle, dans mon intérêt puisque, d’après lui, des études en seconde littéraire ne m’aurait servi à rien, compte tenu de l’inutilité de la filière pour mon avenir, ainsi que pour ma sœur m’ayant précédé.
- Je me retrouve ainsi en seconde Ab3 au lycée de la Salle. Mais dès le premier jour je suis convoqué chez le directeur qui, à ma grande stupéfaction, me signifie me rétrogradation en BEP de comptabilité-mécanographe, pour mon bien personnel selon son discours…
- Ayant eu du mal à supporter cette épreuve, je l’ai traînée comme un boulet durant de longues années…
- C’est à cette période que j’aurais eu besoin d’un « conseiller » pour m’aider à reprendre pied dans des études qui m’auraient assuré un métier et un avenir.
- Ces études de comptabilité loupées, avec uniquement un CAP d’aide-comptable en poche, je me suis lancé dans la vie d’adulte sans réel diplôme et profession dans les mains.
- Mais avant, j’ai dû effectuer mon service militaire. Ayant reçu l’appel de l’armée yougoslave, j’ai immédiatement obéi de peur de me retrouver hors légalité. Mais deux jours après mon départ, mon acte de naturalisation, demandée avant mes dix-huit ans, est arrivé par voie postale. Ma mère n’ayant pu me prévenir à temps, j’ai effectué mon service en Yougoslavie. Des accords franco-yougoslaves permettaient d’ailleurs, à cette époque, aux jeunes de choisir un service à leur guise dans le pays de leur choix. À mon retour en France, j’ai été considéré comme réserviste sans service militaire à accomplir car j’avais déjà fait 15 mois.
- Ensuite, je suis rentré tant bien que mal dans la vie active : 1 an comme réceptionniste de nuit dans un hôtel à Saint-Nazaire, 10 ans comme employé et responsable de boutique de restauration rapide (rue de Penhoët et rue de Saint-Michel).
- Durant ce laps de temps, la continuation de la pratique sportive en club m’a permis de tenir le coup mentalement : volley-ball au Rennes étudiants club, basket-ball au Stade Rennais.
- Après un licenciement économique, l’idée m’est venue, à l’âge de 35 ans, de me former. Je commence alors à entraîner dans mon club de basket et je passe la préparation du DAEU (diplôme d’accès aux études universitaires).
- Après le succès au DAEU (équivalent BAC), je songe à reprendre des études universitaires. Je m’inscris par hasard à un diplôme par correspondance à la faculté de sport de Lyon : deux ans d’études pour obtenir un Diplôme de Gestion des Organisations Sportives.
- Parallèlement, je passe le diplôme de la fédération française de basket d’entraîneur régional et prépare le brevet d’État d’éducateur sportif.
- Suite à cela, je profite de la voie d’équivalence pour rentrer en licence de Staps.
- À 40 ans, j’obtiens ma licence et je continue en maîtrise de staps management.
- L’année suivante, je réussis ma maîtrise et m’inscris à quelques concours.
- À 43 ans, je suis accepté à celui de « conseiller d’insertion et de probation ».
- Je travaille durant deux ans comme « conseiller d’insertion et de probation » et suis une formation à l’École nationale d’administration pénitentiaire.
- Au bout des deux ans, malgré mon 20/20 à mon stage professionnel, je ne suis pas titularisé.
- Dans la même année, en 2005, je sors mon premier livre, Le Petit Noir des Balkans qui se voit attribué le prix des Écrivains de la côte d’émeraude.
- En 2007, j’intègre l’enseignement privé en tant que vacataire d’EPS.
- Je travaille régulièrement, par ailleurs, comme interprète pour les autorités de l’État, notamment pour la préfecture.
- Fin 2009, je sors mon deuxième livre, Prière d’Insérer, qui raconte mon parcours d’insertion.
Missions du CONSEILLER D’INTÉGRATION
Les missions du conseiller d’intégrationdécoulent en grande partie de mon expérience sociale et professionnelle.
En tant qu’ex-immigré ayant eu des problèmes d’orientation et d’exclusion, j’ai pris conscience qu’à un moment donné du parcours, l’immigré, ou la personne qui a obtenu sa naturalisation, a grandement besoin du soutien d’une personne expérimentée, agrémentée et soutenue par l’État et les différentes institutions administratives et locales. Ceci afin de favoriser au maximum son intégration à des moments cruciaux de la vie, et d’anticiper un passage qui le mènerait à la délinquance ou à d’autres dérives.
À cet égard, que peut apporter le conseiller d’intégration ?
Cette personne doit se situer aux frontières du « travail social » et du « contrôle social ».
Elle doit utiliser les compétences du travailleur social, du conseiller d’insertion et de probation, du conseiller en économie familiale et sociale, du conseiller en réadaptation, du conseiller d’orientation et du conseiller principal d’éducation en milieu scolaire.
Ses missions pourront être aussi variées que précises.
Précises au niveau du processus d’intégration d’une personne ou d’une famille, c’est-à-dire par rapport au stade acquis : du langage, de l’intégration scolaire, sociale et professionnelle, des comportements sociaux, de la capacité d’autonomie, de la connaissance de l’histoire de la France, des us et des coutumes du pays.
Variées au regard des différentes orientations possibles pouvant favoriser l’intégration des personnes suivies : aide psychologique à la personne, groupe de parole, vie associative, chantiers d’insertion, vie citoyenne, citoyen-référent, aides sociales, « discrimination positive », etc.
Ces missions peuvent se résumer :
- au bilan ponctuel d’intégration ;
- à la remédiation (action de remédier aux difficultés et lacunes des clients en risque d’échec d’intégration sociale par diverses procédures de type soutien).
- à l’apport de connaissances aidant à l’intégration ;
- à l’évaluation du travail de conseiller d’intégration.
Champ d’intervention du CONSEILLER D’INTÉGRATION
Clientèle :
La clientèle du conseiller d’intégration est la population immigrée ayant des papiers en règles, la population ayant été récemment naturalisée ou en demande de naturalisation, les scolaires Français d’origine étrangère, et les élèves en général dans le cadre d’une information sur l’immigration.
Attributions :
Les attributions du conseiller d’intégration relèvent de la délégation (ou agrément) reçue et des missions octroyées par la Préfecture ou un autre partenaire institutionnel.
Le conseiller d’intégration n’agit pas dans le cadre d’un mandat pour faire respecter la loi, mais il peut intervenir dans le cadre d’une contractualisation entre différents partenaires institutionnels et la personne ou famille concernée.
Il est sous l’autorité des institutions lui ayant conféré mandat et missions à exécuter ou il est redevable vis à vis des prestations commandées.
Modes d’intervention et modalités de travail :
Le conseiller d’intégration peut recevoir les personnes ou familles en entretien dans un bureau (loué par le conseiller d’intégration ou prêté par la préfecture ou les mairies), se rendre aux domiciles des clients, intervenir en milieu scolaire ou autre…
Le conseiller d’intégration travaille sur la base de dossiers constitués, de notes, de rapports écrits et oraux.
Son temps de travail est constitué par des entretiens, des moments consacrés à la résolution des problèmes, aux écrits, aux interventions devant un public scolaire, aux évaluations.
Il travaille en réseau : avec des partenaires institutionnels, associatifs et privés.
De manière régulière, il doit rendre compte de son travail aux donneurs d’ordres lors de réunions de la commission d’intégration où le conseiller d’intégration peut évoquer les cas qui posent problème et proposer des solutions.
Statut social et juridique
Le statut social et juridique du conseiller d’intégration dépendra de la relation établie avec le donneur d’ordre et le mode de facturation, de paiement des prestations ou de règlement de salaire.
Soit le conseiller d’intégration constitue une micro-entreprise et facture ses prestations aux institutions donneuses d’ordre, voire aux clients en demande d’aide et d’orientation.
Soit le conseiller est directement embauché par une ou des institutions grâce à des financements croisés : ministère de l’intérieur, ministère de l’immigration et de l’identité nationale, communes, intercommunalité, conseil général, conseil régional, ministère des affaires familiales et sociales.
Diverses solutions existent. Mais il serait bien sûr préférable que le conseiller d’intégration ne dépende que d’une seule administration.
Dans un premier temps, le projet pourrait être financé de manière contractuelle et renouvelable afin de tester la démarche.
Objectifs et intérêt pour la société
L’objectif visé est évidemment une meilleure intégration des personnes étrangères en situation régulière dans le pays et des personnes naturalisées ou en attente de naturalisation.
L’ouverture d’un dossier permet de suivre les clients dans leur parcours d’intégration à la société française. Dans l’absolu, la clôture d’un dossier montrerait que cette personne ou famille suivies ont gagné leur autonomie dans la société et sont capables d’assurer eux-mêmes la continuité de leur parcours d’intégration…
L’intérêt sociétal est une meilleure prise de conscience de la capacité de citoyen français ou d’immigré ayant un titre de séjour, sa meilleure intégration scolaire, professionnelle et sociale.
Un gain évident du point de vue du traitement en amont de la délinquance et des déviances. De même, un bénéfice conséquent pour les organismes et institutions distributrices d’aide sociale lorsque les individus parviennent à l’autonomie sociale.
Ainsi, la société française aura un moyen d’accompagner l’intégration des personnes arrivant légalement sur son territoire et d’informer les jeunes de l’histoire de l’immigration en France.
L’enjeu est une meilleure cohésion sociale autour d'une identité commune.