Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
14 avril 2014 1 14 /04 /avril /2014 20:14

 

Footness ou le foot dégénéré par le people et le pognon

Ecrit par Tony Ferri. Publié dans > |, À la une, Education, Faits de société, Politique

Mots-clés : , , , , , , , ,

football_feux_supporter

Publié le 12 mar 2014

Après ses deux précédents romans phare à portée autobiographique que constituent Le Petit Noir des Balkans (Éditions Publibook, 2004) et Prière d’insérer (Éditions Goater, 2009), Dragan Brkić nous livre ici, avec Footness, un troisième roman assurément original et de très bonne facture. Au moyen d’un savant mélange percutant, Dragan Brkić nous invite en effet, par ce livre aux accents de polar serti de suspense, à nous plonger au cœur d’une intrigue nauséabonde, dont le noyau s’articule autour de la méticuleuse et complexe collusion entre, d’un côté, l’univers du football et, de l’autre, le monde de la finance, les loges secrètes, la classe politique.

footnessMénageant un suspense haletant, apportant progressivement, et à point nommé, l’éclairage dont a besoin le lecteur, l’intrigue déploie, au long du déroulement du récit, toute son efficacité et toute sa force de persuasion, de sorte que l’on ne manque pas d’être continûment happé à la lecture par le vertige des manœuvres et des arrangements conduits en sous main par ceux qui sont à la tête de ces puissants et nébuleux réseaux politico-financiers – ainsi de celui nommé « Footness » -, et que ce n’est, au fond, qu’au terme du livre que s’agencent les derniers éléments essentiels du puzzle.

Autant dire qu’avec ce livre, Dragan Brkic fait vivre au lecteur une histoire foisonnante chargée d’aventures singulières et de rebondissements incessants. Au programme, notamment : un riche voyage à La Barbade, en Martinique, à Londres… ; la découverte de personnages aux visages truculents et variés, comme, par exemple, Pascal, l’honnête professeur de français, ou Garance, la maîtresse à la personnalité plutôt mystérieuse, ou encore l’inquiétant Christian Lavitre, le meneur diabolique du réseau « Footness »… ; la visite des coulisses des loges secrètes…

L’ensemble du récit s’organise autour de deux personnages clés, à savoir Domenn et Vincent. Il n’est pas inutile de présenter maintenant, sans s’y appesantir, ces deux protagonistes, tant ils vont évoluer, non seulement par la force des choses, mais en raison même de leurs réelles aptitudes à l’enquête et à l’espionnage, ainsi que de leur sagacité, dans le sens des parfaits trublions se révélant à même de contrecarrer les plans malsains du réseau « Footness » :

D’abord Domenn y est présenté comme ayant été marqué par une existence laborieuse et difficile, qui a fait de lui un « crève-la-faim de la vie » (p. 29). C’est en se rapprochant du sport, et plus particulièrement du football, puis, plus tard, vers l’âge de 17 ans, du volley-ball, qu’il s’est senti en état de surmonter bien des obstacles et de se réaliser individuellement, et ce malgré les coups du sort, malgré un destin gâché par un milieu social déshérité et une orientation scolaire exempte de sérieux, qui l’ont conduit à devenir, non pas ce sportif pourtant prometteur, mais cet employé de commerce durant une quinzaine d’années. Sa relation au sport a été une relation mêlée d’espoir et de désillusion. Dans le sport – à l’égard duquel, au demeurant, il ne s’est jamais départi -, il voyait tant un moyen de survie et d’épanouissement personnel qu’une réalité-miroir de la société où sévissent violence et injustice. Ses racines permettent d’apporter, selon l’auteur, un éclairage sur sa vision partagée et nuancée du football :

« Enfant d’immigrés slovène et italien, ayant eu des difficultés à s’intégrer dans la société, le foot avait joué pour lui un rôle salvateur, constitué un monde parallèle dans lequel il avait pu se réfugier » (p. 29). Son origine notamment italienne n’était pas sans lien avec sa passion, quoique mesurée, pour le ballon rond. « Du sang italien coulait dans ses veines », précise encore l’auteur à son endroit (p. 45).

Notons qu’à ses racines européennes s’ajoute son authentique attachement à la Bretagne et à son équipe de football (p. 21).

Assurant sa subsistance tantôt par de menus travaux commerciaux, tantôt par la perception de l’allocation chômage, Domenn a réussi, parallèlement, à préparer et à obtenir un diplôme universitaire relatif au sport.

Vincent, lui, y apparaît comme l’ami d’enfance de Dommen, épris, comme son vieux camarade, de football. Sa particularité réside dans le fait qu’il travaille pour un cabinet international de consulting sportif, dont le but affiché est de valoriser l’image du football (p. 34) :

« Mais qui était en réalité ce Vincent omniscient sur le foot et le sport ? Domenn avait revu cet ancien copain d’enfance l’année précédente, en début de saison de Ligue 1, à l’occasion du sempiternel match Stade Rennais -Grand Paris » (p. 21).

Il est à remarquer que, avant de mener une carrière de journaliste sportif, Vincent a songé un instant à sa possible intégration dans le monde du football professionnel :

« Vincent tentera l’expérience professionnelle en signant un contrat d’aspirant-stagiaire au club professionnel local. Mais ce dernier ne connaîtra jamais les joies de jouer devant un public » (p. 31).

footness, dragan, brick

Stade de football (courtoisie de B92)

Si, sur le plan du récit, l’intrigue se noue autour de la disparition de Vincent et l’enquête qu’elle va impliquer, elle est également l’occasion de proposer à la réflexion un certain nombre d’interrogations et d’idées pour le moins philosophiques sur la place et le rôle du sport en général, et du football en particulier. C’est en effet autour de la soudaine « évaporation de son camarade » (p. 45) que Domenn va être brusquement conduit à endosser les habits du détective, à approfondir la question du lien entre la disparition de Vincent et les enjeux autour du football, à suivre les méandres filandreux des sombres complots politico-financiers se trouvant au cœur des grands événements sportifs, et à participer finalement à la mise au jour des problèmes insondables de notre condition d’homme moderne dont le monde footballistique en constitue comme le « nœud tragique » (p. 44).

On l’aura compris : outre son lien manifeste avec la tradition du polar, Footness se donne comme un roman à thèse, comme un livre qui suscite, en dernière instance, et de manière féconde, interrogation et réflexion. Et de fait, sur un plan philosophique, au moins deux grandes thématiques, deux grandes idées-force, se dégagent de ce roman étonnant :

1° La thématique du rapport foncier entre football et vie :

Par la bouche de Domenn, l’auteur expose l’idée que : « Le foot ressemble à la vie » (p. 35) ; que : « Le football est semblable à la vie : l’injustice y règne… » (p. 98).

Dans le livre, apparaît effectivement en filigrane, et de manière insidieusement permanente et insistance, l’idée que le football est le haut lieu de l’injustice, le territoire de la reconduction de tous les travers qui se rencontrent dans la société. Dans ces conditions, il y a lieu de voir que l’engouement pour le football vient précisément de sa parenté avec la vie, de son lien étroit avec l’existence banale ; qu’il procède de la reproduction des vices sociaux et de sa fidélité aux mécanismes impurs comme ceux du mensonge, de l’injustice et de la tricherie. Autrement dit, D. Brkić donne à comprendre, dans ce livre, que les gens adhèrent d’autant plus au football qu’ils peuvent s’y reconnaître et réagir selon des schémas déjà intériorisés et largement partagés dans la vie commune. Le succès du football semble, dès lors, résulter, selon lui, précisément du fait qu’il se communique quasi exclusivement comme reflet de la société, dont le propre est que les inégalités et les disparités sociales y sont patentes. Par où l’on voit que, réciproquement, selon le schéma exposé par l’auteur, si le football se proposait d’être le garant de la livraison d’un modèle permettant la réalisation de la justice, il en résulterait alors une dilution des repères sociaux habituels, une inadéquation entre vie sportive et vie sociale, et fatalement une désorientation des supporters qui serait lourde de conséquences : l’établissement d’une équité sportive provoquerait, en effet, au grand dam du sport, une désaffection des milieux sportifs, parce que les supporters et les fidèles ne trouveraient plus ni d’écho ni d’harmonie entre critères sportifs et critères de la vie communautaire. C’est pourquoi, selon pareille optique, il est requis que le principe de pérennisation du sport, et surtout du football, réside dans le maintien de l’inégalité et du déséquilibre.

De là s’ensuivent deux conséquences :

  • d’abord, celle que l’auteur nomme tantôt la « popularisation », tantôt la « peopolisation » à travers le football (p. 77). Cette conséquence évoque la volonté de fidéliser le public au football, d’élargir même son filet d’influence et d’emprise, en vue de servir officieusement des intérêts pour le moins financiers et capitalistiques ;
  • ensuite, celle que l’auteur subsume sous l’expression de « footballisation du monde » (p. 91), et qui se rapporte à l’adage de ses défenseurs, à savoir que « si Dieu existe, il est à parier qu’il est footballeur » (p. 99). Ce processus de footballisation du monde consiste, en fait, en un puissant « faire-valoir du capitalisme » (p. 91), et se donne, dès lors, comme le parfait pendant de la propagation des idéaux de la dérégulation libérale et marchande.

2° La thématique du rapport complexe entre football et politique :

footness, dragan, brick

Stade de football (courtoisie de B92)

Dans le livre, s’affrontent nettement deux visions politiques du football, deux manières antagoniques d’envisager les règles du jeu : d’un côté, on relève les partisans du football tel qu’il se pratique depuis toujours, selon des règles injustes et contestables, où prédominent l’erreur d’arbitrage et les coups bas des joueurs, sur fond de gains financiers pour le moins outranciers qui profitent à ses organisateurs et à ses décideurs ; d’un autre côté, on note les tenants d’un football rénové, où les règles du jeu doivent aussi bien se réélaborer plus sainement et justement, que s’adosser à l’usage des bons côtés de la technique, ainsi de l’aide à l’arbitrage par vidéo impliquant la possibilité de la rétroactivité des décisions de l’arbitre et le renforcement de la fiabilité du contrôle arbitral. Autrement dit, le conflit y oppose les adeptes d’un football empli de l’esprit libéral à ceux d’un football façonné par une éthique sportive. Où l’on voit, dès lors, que si les uns considèrent que la mise sous tutelle du football à des fins de spéculations politico-financières est de nature à alimenter une effervescence sociale et médiatique et à réjouir des supporters subtilement manipulés, les autres estiment, à l’inverse, que la remise à plat des règles du jeu et des conditions d’arbitrage, ainsi que la nécessaire redéfinition d’une éthique sportive resserrée autour des idéaux éducatifs et collectifs sont propres à élever la jeunesse et à lui proposer enfin une conduite respectueuse du vivre-ensemble. Bref, de manière générale, le sport comme redressement et droiture s’y heurte profondément au sport comme dérégulation et marchandisation :

« La philosophie ethno-libérale réutilisée à ce point-là est une théorie servant uniquement les intérêts des classes privilégiées mondialistes éparpillées dans de micro-régions identitaires symbolisées par des clubs omnipotents et un supportérisme fascisant. Dans cette perspective, le foot est utilisé comme anxiolytique d’un monde moderne aliéné. A l’inverse, si la recherche de vérité était érigée en principe universel dans le sport, les gens s’y habitueraient automatiquement. En cette hypothèse, c’est la fonction éducative et citoyenne qui prédominerait. Du coup, les citoyens demanderaient par imitation la même justice dans la vie » (p. 93-94).

Dragan Brick

Dragan Brkic

Sur le plan politique, cet antagonisme se matérialise par la confrontation entre deux pôles réticulaires, dont les ramifications sont autant nombreuses qu’opaques. Et il y a lieu de constater que l’auteur donne à voir cette opposition, qui est indexée sur deux idéologies contradictoires et irréconciliables, comme la forme d’une bipolarisation des forces en présence, comme le retour d’une coupure irrémédiable entre deux camps ou clans pour ainsi dire en guerre :

« Deux camps s’affrontaient explicitement : celui des ‘vertueux’, potentiellement membres du Réseau, qui étaient pour le changement, présent dans les pays où régnait encore une dimension éthique, comme la France ; et des ‘simplistes’, majoritairement contre, qu’on pouvait inclure dans le mouvement Footness, plutôt situés là où persistait une vision archaïque du sport, comme en Italie, Russie, Angleterre, Autriche et Les Balkans ». Et l’auteur d’ajouter aussitôt : « Si la dissension s’était poursuivie et élargie géographiquement, l’Europe n’aurait pas été loin de redécouvrir les tensions d’un monde bipolaire. En lieu et place de la terreur atomique, on aurait eu la frayeur de la vraie justice… » [c’est nous qui soulignons] (p. 82).

Du théorème de l’auteur selon lequel le football est le miroir de la vie, il s’ensuit que cette guerre entre les deux camps a pour théâtre le cadre de l’existence sociale elle-même, les stades et les rues, les rassemblements populaires dans les espaces urbains, et ce au nom du rétablissement d’une équité sportive ayant dorénavant préséance sur les exigences traditionnelles de l’accomplissement de la justice au sein de la société. Ce recul ou ce déplacement, au sein de la communauté, de la prééminence ordinairement accordée aux valeurs sociales et citoyennes au profit désormais de la primauté de considérations sportives unilatérales ou emblématiquement intéressées porte la marque d’un bouleversement dans la hiérarchie des représentations, et ne manque pas de caractériser la puissance dévastatrice du football quand il est relayé par le pouvoir imbriquant intimement la realpolitik et la finance. Ce déplacement est fortement illustré, dans le livre, par l’inacceptable et injuste défaite de la France face à l’Italie, lors de la Coupe du Monde au Brésil, qui provoqua, très tôt dans le récit, manifestations et heurts hémorragiques :

« D’un coup, des salariés stoppèrent leur travail et sortirent dans la rue en direction des centres-villes. De mémoire de Gaulois contemporain, on n’avait jamais observé de telles foules rassemblées pour la défense d’une cause si éloignée des préoccupations premières. Cela dépassait l’envergure des manifestations pour l’école libre, contre le CIP, le CPE, la réforme des retraites ou le mariage gay » (p. 51-52).

La finale rocambolesque de la Coupe du Monde à Rio caractérise donc, dans le livre, l’étape décisive du franchissement du seuil de tolérance par laquelle non seulement les supporters, mais encore le commun des hommes, n’admettent plus la tricherie et la violation des règles sportives – violation qui sonne dès lors comme la transgression des règles de droit, comme un événement pour ainsi dire criminel :

« Il y avait eu l’agression immonde de Schumacher en 1982, la provocation diabolique de Materazzi en 2006, la main oubliée durant le Championnat d’Europe 2008, l’expulsion infondée du goal à Belgrade en 2009, la paluche vicieuse de Henry contre l’Irlande, les comportements indignes de l’équipe de France en Afrique du Sud et en Ukraine, et le but annulé sur un hors-jeu inexistant contre l’Espagne. Et puis là, le summum de l’injustice, cette insoutenable finale à Rio… » (p. 52).

Au total, ce livre ravira aussi bien les inconditionnels du sport que les philosophes, aussi bien les aficionados du polar que les journalistes sportifs. Dans un style fin et inimitable, Footness lève habilement le voile sur quelques-uns des aspects dramatiques qui entourent la fascination savamment entretenue pour le football et sur le dévoiement consternant de la fonction noble du sport. Tant et si bien qu’en contrepoint de cette peinture d’une réalité crue du football s’y dessinent graduellement les contours de ce que devrait être le sport aujourd’hui.

Footness Dragan Brkić, Éditions Publibook, janvier 2014, 272 pages, 23 €

 

 

Footness

Repost 0
Published by dragan - dans Livres
commenter cet article
26 janvier 2014 7 26 /01 /janvier /2014 16:26

Ceux qui ont suivi les affres du tout nouveau gentilé des habitants d'Ille-et-Vilaine ne seront pas surpris de cette confusion générale autour d'un terme artificiel imposé par des technocrates ayant décidé de s'inscrire dans l'histoire de peur de ne pas y être mentionnés. Pour les autres, il suffit de lire ce qui suit pour comprendre l'inutilité de cette appellation et de la précipitation dans laquelle elle a été choisie par un comité de soi-disant experts.Patrick Jéhannin a déjà décrit sur son blog, être ou ne pas être bretillien, les liens existants entre le Conseil Général et le quotidien Ouest-France, lequel ne se prive pas de citer ce nom au détriment des citoyens qui n'en veulent pas unanimement (sondage réalisé par Patrick Jéhannin).

Le dernier Ouest-France dimanche (du 25/01/2014) nous fournit une illustration parfaite de cette volonté et de cette insuffisance des journalistes quant à son utilisation. Sur la une de la page centrale, de ce qu'ils appellent un cahier et dont on devine très difficilement le numéro de page, tellement le journal nous est donné de manière désorganisée, on peut lire le titre flatteur : Le Finistère fait de l'oeil aux "Bretilliens" (écriture stricte du gentilé offert par les cervelles du comité d'experts). Alors que dans la page  21 du cahier sport on aperçoit dans le chapeau au sujet du Rennes volley : Après deux sets appliqués, les Brétiliens se sont relâchés. Voilà deux écritures du terme différentes peu de temps après qu'il a été lâché par le Conseil Général.

La première réflexion qui nous vient à l'esprit, en dehors du fait de l'évidence d'un mauvais nom, voire hideux, est de se demander comment un comité d'experts a pu nous créer un mot sans une orthographe et une phonétique précises ? Somme toute, nous nous sommes fait berner, et les journalistes de Ouest-France participent à l'envi à cette mascarade. Messieurs et mesdames les journalistes, il est encore temps de sauver l'honneur et les apparences. Revenons à la réalité. Nous sommes des habitants d'Ille-et-Vilaine. Un point c'est tout...


Repost 0
Published by dragan - dans Vivre ensemble
commenter cet article
8 décembre 2013 7 08 /12 /décembre /2013 20:26

La condition pénitentiaire

 

A lire la recension du criminoloque belge Gérard de Coninck.

 

link

 

Repost 0
Published by dragan - dans Livres
commenter cet article
29 octobre 2013 2 29 /10 /octobre /2013 17:33

 

  link

 

 

Le roman policier Footness est sorti aux éditions Publibook


 

9782342012309 r

 


Repost 0
Published by dragan - dans Culture
commenter cet article
15 juillet 2013 1 15 /07 /juillet /2013 21:36

Mon nouveau livre coécrit avec Tony Ferri, La condition pénitentiaire, a paru aux éditions l'Harmattan. Une présentation sera organisée en septembre à Paris, et peut-être à Rennes.

 

http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=40787

 

 

 

 


rectoverso

LA CONDITION PÉNITENTIAIRE

Essai sur le traitement corporel de la délinquance
Dragan Brkic, Tony FERRI
Questions contemporaines
TRAVAIL SOCIAL


Dans quelle situation d'existence se trouvent les condamnés lorsqu'ils ont à purger une peine ferme ? Comment vivent-ils leur parcours carcéral, comment s'accommodent-ils de leur aménagement de peine quand il prend la forme du placement sous surveillance électronique ? À partir des données actuelles observables en France et de la question portant sur les effets concrets de l'enfermement pénal, ce livre se résout à mettre des mots sur ce qui est parfois ressenti obscurément tant par les reclus que par les porteurs du bracelet pénal.


 

ISBN : 978-2-343-01083-0 • juillet 2013 • 166 pages

Prix éditeur : 17,5 € 16,63 € / 109 FF
     [retour]     

Commander

Commander la version numérique (Pdf texte) : Commander la version numérique au format Pdf (-25%) 13,13 € | 3 151 Ko
EAN Ebook format Pdf : 9782336321196
Repost 0
Published by dragan - dans Insertion
commenter cet article
20 juin 2013 4 20 /06 /juin /2013 17:14

 

Article paru sur le magazine web Unidivers

 

 

 

La fin malencontreuse de Virgin Rennes : Faut-il en pleurer ou en rire ?

Ecrit par Dragan Bkric. Publié dans > |, Economie, Politique et société à Rennes

Mots-clés : , , , , , , , , , , ,

virgin, rennes

Publié le 18 juin 2013

Virgin mégastore Rennes a définitivement fermé ses portes le mercredi après-midi 12 juin 2013. Personne ne peut rester insensible à cette disparition prématurée et brutale d’une institution culturelle et commerciale, créée en 1998 (pour le premier Virgin des Champs-Élysées), qui avait pignon sur rue et à laquelle les Rennais s’étaient habitués.

Naturellement, on serait tentés de s’apitoyer sur le sort des salariés et sur la perte de ce bel emplacement dans lequel on pouvait fureter, obtenir des conseils, acheter des livres,  des disques, du matériel multimédias, etc. À vrai dire, ce grand magasin, en plus d’être bien équipé, était idéalement situé au beau milieu de la rue commerçante Le Bastard. Virgin rendait service à une clientèle plutôt jeune et, par la même occasion, faisait travailler un nombre important de salariés, certains d’entre eux étant entrés dans la boîte en 1988 à Paris.

Mais voilà maintenant que Rennes se voit privé d’un commerce dit « culturel » qui donnait un peu de couleur et de vie au centre-ville. Un centre rennais de plus en plus stéréotypé, envahi par les boutiques de fringues et de chaussures, les banques contemporaines, les opérateurs de téléphonie mobile, les agences immobilières et les restaurations rapides à emporter. Un centre de plus en plus appauvri, stéréotypé, dénué d’une humanité sensible et bienveillante.

Face à cette réalité lugubre, certains regrettent le comportement du principal actionnaire, le fonds d’investissement Butler, qu’ils regardent comme un petit soldat sans âme du monde ultralibéral. Faisant son beurre de la crise, il n’a aucune honte à supprimer les commerces intéressants de proximité. Un processus qui, il est vrai, a déjà débuté à la fin des années soixante-dix. Virgin a lui-même participé à l’anéantissement de la société de relations de proximité locale en écrasant les petits libraires et disquaires.

Ce regret tourne au dégoût dès lors qu’il semble que Virgin Mégastore marchait finalement assez bien. Ses années d’or furent principalement celles la décennie 90 qui a vu la marque encaisser les bénéfices de sa captation d’image et valorisation de marque atour de l’univers musical. Les ventes de disques battaient des records. Quant à l’unité installée à Rennes, elle réalisait un bénéfice confortable. Et ce, même après la crise du disque, grâce à une vente de livres bénéficiaire. Par cette fidélité, une partie des Rennais a montré leur attachement à ce lieu dont le personnel s’est toujours montré compétent et sympathique. Mais que représente finalement un petit bénéfice pour des actionnaires avides de gains élevés et immédiats ? Pas grand-chose au demeurant. Si ce n’est de les cumuler avec d’autres rentrées d’argent sur le territoire eux aussi en totale déconnexion avec l’économie réelle et collective.

Ce qui ressort des analyses de différentes personnes que nous avons interrogées reste que la société Virgin semble avoir conduit une politique commerciale et un management des moins intelligents. Les dirigeants et actionnaires (groupe Butler finances depuis 2007, Lagardère auparavant) ont choisi de réaliser des économies de bouts de chandelle en essayant de rationaliser le travail du personnel au détriment de la promotion salariale au sein de l’entreprise. Qui plus est, Virgin a manqué les rendez-vous économiques, technologiques et sociaux importants. Par exemple, durant la première décennie du XXe siècle, les actionnaires n’ont pas su, à l’inverse d’autres concurrents directs, potentialiser la vente des MP3 et iPod et mettre rapidement en place un site de vente en ligne. Ces produits étaient insuffisamment commandés en stock, ils demeuraient beaucoup plus chers que ceux de la concurrence. De nombreux salariés du groupe pointent deux raisons : d’une part, l’incompétence d’une génération de directeurs « sup de co » embauchés dans les années 2000 peu humains et imcompétents ; d’autre part, la centralisation des achats à Paris déconsidérait le personnel sur place et rendait difficile un travail adapté localement, a fortiori sur mesure.

Résultat : les employés étaient obligés de faire d’innombrables retours de produits invendables et de vendre deux fois plus pour compenser les pertes imputables à ces erreurs stratégiques. Par ailleurs, pour pallier à la baisse des ventes de disques, il a été décidé de renforcer le secteur de la papeterie, un domaine qui rapporte très peu en comparaison du travail de fourmis nécessaire à sa gestion. La part du chiffre d’affaires la plus importante, la librairie, n’était pas assez exploitée. De là à croire que les actionnaires ne croyaient pas dans le livre papier…

Et pour compenser ces erreurs de stratégie commerciale, les stratèges se sont mis à mettre la pression sur le personnel. Combien de temps pourra encore durer cette tendance mondiale et nationale à faire de la richesse humaine une charge et la seule variable d’ajustement. Les cerveaux de Virgin – avec, en tête, le directeur de la succursale de Lyon – n’ont rien trouvé de mieux que d’inventer leur propre méthode de management, dénommée Virgin First. Non, ce n’était pas le nouveau mac do du mégastore. C’était un dispositif destiné à accroître la charge du personnel et à rationaliser son travail. À imposer dans toutes les régions. Ainsi, une commission posa ses valises technocratiques à Rennes pour encadrer d’une nouvelle manière un personnel qui s’était pourtant montré dévoué à une marque qu’il croyait sincère et moderne. Sous le dessein de « rationalisation » – un terme aux acceptions et réalités multiples… – se serait-il agi de se débarrasser d’un personnel trop vieillot et coûteux ? Un personnel qui en vérité gagnait des salaires exorbitants : par exemple, un responsable du stock avec 15 années d’anciennetés touchait la somme de 1250 euros !

Voilà qui jette une cruelle lumière sur la vie interne de Virgin. Certains en concluent que les salariés se sont fait doublement berner : ils ont cru en la parole éthique d’un concept branché et moderne ; ils ont abandonné leur propre route, qui auraient pu être meilleure, certes, pire…

Cet échec de Virgin démontre l’échec du modèle économique des marchés néo-modernes. Des actionnaires plus voraces qu’intelligents, une communication manipulée, un management destructif au lieu d’être constructif, des bailleurs opulents qui grèvent la réalité économique et des banques plus préoccupées par leur compte du jour que par l’intérêt collectif. Voilà le constat terrifiant qui se retourne après sur chaque citoyen honnête et de bonne volonté…

Somme toute, les fautifs dans cette histoire sont d’abord les actionnaires qui se jouent du commerce de proximité, qualitatif, producteur d’énergie et de valeurs.  Ensuite, n’oublions pas les bailleurs – la nouvelle noblesse moderne – qui exploitent l’usufruit de leurs biens à l’extrême limite de nos limites. Virgin mégastore Paris payait un loyer de 6 millions d’euros à Qatar Investment Authority, lequel a versé plus de 500 millions d’euros pour racheter le bâtiment de 27.000 m² à Groupama, un autre pigeon-voyageur rudement secoué par la crise Grecque. Et le Virgin de Rennes déboursait environ 700 000 euros par an…

La morale de l’histoire nous démontre avec force que trop souvent les actionnaires manipulateurs – les fonds d’investissement – sont les mêmes rapaces qui achètent les biens les plus chers dans la capitale et les grandes villes de province. Ils rendent impossible une vie économique de proximité intelligente et équilibrée, celle qui favorise une culture multimédia maîtrisée par ses consommateurs dans un souci de vie créatrice et heureuse.

D’aucuns pleureront cette disparition de Virgin parce qu’ils aimaient y acheter leurs instruments de détente et d’oubli.  Moi, je m’apitoierai plutôt sur le sort du lieu qui permettait encore de respirer des livres papier dans une ambiance détendue et aérée, contrairement à celle de la FNAC.

Quant au modèle économique qui cause tous ces dégâts à notre tissu local, il conviendrait que les citoyens s’organisent et prennent des mesures collectives pour y répondre afin de le maîtriser et ne pas se retrouver dépossédés de leur avenir comme de leur présent. Le boycott peut être une réaction sensée et pacifique qui peut faire mal à un fond de pension, une future marque de vêtements irrespectueuse ou à un bailleur radin.

Quoi qu’il en soit, l’important est de réagir, par n’importe quel moyen, politique s’il le faut. En cette perspective, espérons que des partis s’éveilleront et nous proposeront une porte de sortie honorable à ce système maquignon.

Dragan Brkic

Repost 0
Published by dragan - dans Culture
commenter cet article
8 janvier 2013 2 08 /01 /janvier /2013 21:17

 


Qu’est-ce punir, châtiment, hypersurveillance, prison,Tony Ferri, L'Harmattan, Foucault, Alain Brossat, bracelet électronique, délinquance, surveillance, punition


Qu’est-ce punir ? Du châtiment à l’hypersurveillance de Tony Ferri, L’Harmattan, nov. 2012. 256p. 26,50 €

Depuis Surveiller et Punir de Michel Foucault, paru en 1975, bien peu de nos contemporains se sont emparés de l’univers carcéral. Tony Ferri, qui est conseiller d’insertion et de probation, a le mérite de relancer le débat sur la position de l’intellectuel sur un sujet pourtant de plus en plus capital dans nos sociétés. Qu’est-ce que punir ?est un ouvrage de synthèse de sa thèse de philosophie soutenue en 2012 à l’université Paris VIII sous la direction d’Alain Brossat, auteur notamment de Pour en finir avec la prison ?

Dans ce livre, Tony Ferri s’inscrit dans le courant de pensée foucaldienne et de son maître de thèse qui, parmi d’autres, s’emploie à de trouver une solution aux nombreux problèmes que pose la prison actuelle. Il y interroge, au fil de ses chapitres, l’apparente continuité historique d’un soi-disant progrès pénal. Ce progrès existe-t-il véritablement ? Il est vrai qu’en partant de la peine-châtiment, qui prévalait sous l’ancien régime, à la peine-prison moderne comme mode d’exécution de la peine à partir du XIXe siècle, on est parvenu à une sorte de basculement technocratique au début du XXIe siècle avec l’intronisation de la peine électronique, laquelle préfigure un monde d’hypersurveillance.

Une première interprétation de l’histoire pénitentiaire inviterait donc à admettre l’existence d’un progrès pénal instillé par quelques ruptures importantes : ruptures avec la guerre – l’après 1945 ayant bouleversé le Paradigme pénitentiaire –, avec le sectarisme sociétal – les avancées de 1968 ayant débouché sur des avancées fondamentales dans les années 70 –, avec l’ancien monde – l’émergence de la technique, de l’ère moderne, de la mondialisation ayant changé les modalités d’exécution des peines –, et avec la pauvreté – l’élévation du niveau de vie ayant amélioré les conditions de détention. En ce sens, il y aurait réellement un continuum à base démocratique qui influerait sur un progrès pénal. L’auteur remarque d’ailleurs que sous l’ancien régime, la sanction pénale avait pour but de marquer vivement les esprits en éliminant l’individu radicalement du corps social, alors que la pénalité contemporaine se donne, elle, clairement pour objectif la réhabilitation des détenus.

Mais une seconde interprétation, plus implicite, nous inciterait  à y regarder de plus près, comme le suggère Foucauld lorsqu’il affirme que « son problème est de définir les systèmes implicites dont nous sommes prisonniers » et « voudrait rendre apparent l’inconscient culturel, pour mieux y échapper ». En fait, à travers le changement opéré par l’histoire, de la violence de l’Ancien Régime et de la peine prison jusqu’à la mise en œuvre de la détention comme une tentative de réhabiliter le condamné, se dégage un renversement complet de perspective dans la manière de traiter ce dernier et son infraction. Il n’est plus question de surveiller l’individu mis à l’écart de la société, mais de l’épier désormais dans sa vie quotidienne.

En amont de l’ère de l’hypersurveillance, il s’agissait de faire disparaître le condamné. Avec l’ère de l’hypersurveillance, la pénalité s’exprime dorénavant selon l’exigence de rendre invisible et indétectable la technologie du pouvoir de punir. On est là dans le non-dit, dans l’implicite, le caché, la sophistication de l’argumentaire pro domo, la mystification du modèle de la réhabilitation.

Tony Ferri explique en effet que, même si les modalités de la peine ont changé sous l’effet de la modernité et des promesses électorales, on assiste plutôt, avec l’exemple du bracelet électronique, à un maquillage des intentions réelles, à un déplacement en fait, à un décentrement des mécanismes d’emprise. Par analogie, on dirait que la prison est à la peine capitale ce que le Placement sous surveillance électronique (PSE) est à la prison.

Il y a un renversement de paradigme : celui du camp à celui du réseau ou de formation en étoile. L’enjeu d’emprise n’est plus de surveiller les condamnés dans un espace clos, mais de contrôler en catimini cet ensemble d’individus où ils sont, en les pistant continûment. Ceci présageant une époque de l’hypersurveillance, qui est le pendant machiavélique de l’esclavage de l’antiquité. Le nouveau condamné n’est plus répertorié par un numéro d’écrou mais par une empreinte ADN, par une puce électronique et par un rating de dangerosité établi par les services pénitentiaires. Le travail des conseillers d’insertion pénitentiaire se réduit désormais à établir une hasardeuse note de dangerosité, à attribuer un PSE ou à sanctionner par un retrait de la mesure. À ce titre, les personnels des services pénitentiaires d’insertion et de probation, par leur ancrage dans un rôle et des missions purement pénitentiaires, au service d’un pouvoir politique dominant, apparaissent comme les composants d’un avatar de l’image du bourreau dans les temps modernes.

Les détenus, les libérés, les ex-condamnés, les potentiellement condamnables en deviennent des déchets redondants, à savoir des êtres dont on ne veut plus dans la société car ils sont irrécupérables, de trop.

C’est là qu’intervient l’engagement de l’intellectuel face au sécuritarisme et l’hypersurveillance. Le philosophe plaide pour une conception sartienne de l’engagement de l’intellectuel qui doit se mêler des choses qui ne le regardent pas, bien que, paradoxalement, ce soit des affaires qui devraient l’intéresser au plus haut point. Malheureusement, l’image du penseur moderne s’est dilué dans les sons et les lumières du tube cathodique et s’est ringardisée face à la communication outrecuidante des hommes politiques. Ces derniers sont devenus les nouveaux savants par lesquels toute idée nouvelle doit passer, bien qu’elles aient été plagiée sur d’autres ou ailleurs. En pratique, la prise de décision se fait dorénavant toujours à l’échelon politique et technocratique par des administratifs rémunérés à vie pour tenir l’administration pénitentiaire dans un cadre historique sécuritaire sans êtres soumis à aucune obligation de résultats…

On présente donc une mesure, par exemple le bracelet électronique, comme une évolution positive pour les détenus et la société. Mais en vérité le but ne serait-il pas de dissimuler les vraies intentions : par exemple de gérer les flux pénitentiaires ou de rendre moins cher l’enfermement ? Et peut-être, comme le suggère Tony Ferri, d’instituer l’ère de l’hypersurveillance. Pour l’auteur, l’un des dangers de l’hypersurveillance est d’ordre technocratique. Il réside dans le fait qu’elle tend à précipiter la pénalité dans une dérive du « tout statique » et du « tout électronique » au détriment de tout autre considération. Il souligne également un autre danger : préparer les hommes à accepter une hypersurveillance à l’échelle sociale.

Voilà le nœud gordien qui se noue entre social et délinquance. Pour certains, il faut responsabiliser le délinquant sans qu’il ait d’excuses sociales. D’autres reconnaissent l’inconsistance des politiques à pouvoir instaurer des cadres pénaux et sociétaux justes. Car, si l’on prenait sérieusement en compte la délinquance en col blanc, en fusionnant par exemple, à l’image de nombreux pays, la branche pénale et administrative de la justice, on doublerait rapidement le nombre de prisonniers. Qu’est-ce qui est finalement plus important pour la société ? De condamner et d’emprisonner de petits délinquants ou de punir la délinquance financière, économique, politique et celle sourde des ronds-de-cuir opérant sous le couvert de l’État ?

C’est là qu’intellectuels, élus, associations et citoyens peuvent agir en s’unissant, à l’exemple du Groupe d’informations sur les prisons des années soixante-dix. Un nouvel esprit doit naître. Il s’agit de rénover l’univers carcéral en refondant la manière de punir et d’exécuter les peines. Beaucoup de monde s’accorde à reconnaitre que la peine-prison est morte depuis que les États-Unis ou la Chine l’ont transformé en systèmes carcéraux inflationnistes et injustes. Il convient donc mettre en réseau ces gens afin de persuader les politiques de ne pas écouter les échos démagogiques du peuple railleur et incohérent, mais de prendre des risques calculés pour le plus grand bénéfice de la société future.

 

Repost 0
Published by Dragan - dans Justice
commenter cet article
22 décembre 2012 6 22 /12 /décembre /2012 22:26

Brkic Dragan

30 D rue Louis Guilloux

35 000 Rennes

brickdragan@yahoo.fr

06-82-20-83-58

 

 

 

Conseiller d’intégration

 

 

Étant d’origine étrangère et ayant eu un parcours d’insertion assez difficile, j’ai eu l’idée de transmettre mon expérience à travers la création d’une nouvelle profession ayant pour dénomination « conseiller d’intégration ».

Pour que vous puissiez bien comprendre les missions de cette nouvelle profession et en saisir l’intérêt, je vais vous exposer ci-après :

 

-          les missions de cette nouvelle profession ;

-          son champ d’intervention ;

-          son statut social ;

-          les objectifs et l’intérêt pour la société.

 

 

 

 

 

 

Missions du CONSEILLER D’INTÉGRATION 

 

 

Les missions du conseiller d’intégrationdécoulent en grande partie de mon expérience sociale et professionnelle.

En tant qu’ex-immigré ayant eu des problèmes d’orientation et d’exclusion, j’ai pris conscience qu’à un moment donné du parcours, l’immigré, ou la personne qui a obtenu sa naturalisation, a grandement besoin du soutien d’une personne expérimentée, agrémentée et soutenue par l’État et les différentes institutions administratives et locales. Ceci afin de favoriser au maximum son intégration à des moments cruciaux de la vie, et d’anticiper un passage qui le mènerait à la délinquance ou à d’autres dérives.

 

À cet égard, que peut apporter le conseiller d’intégration ?

 

Cette personne doit se situer aux frontières du « travail social » et du « contrôle social ».

Elle doit utiliser les compétences du travailleur social, du conseiller d’insertion et de probation, du conseiller en économie familiale et sociale, du conseiller en réadaptation, du conseiller d’orientation et du conseiller principal d’éducation en milieu scolaire.

Ses missions pourront être aussi variées que précises.

Précises au niveau du processus d’intégration d’une personne ou d’une famille, c’est-à-dire par rapport au stade acquis : du langage, de l’intégration scolaire, sociale et professionnelle, des comportements sociaux, de la capacité d’autonomie, de la connaissance de l’histoire de la France, des us et des coutumes du pays.

Variées au regard des différentes orientations possibles pouvant favoriser l’intégration des personnes suivies : aide psychologique à la personne, groupe de parole, vie associative, chantiers d’insertion, vie citoyenne, citoyen-référent, aides sociales, « discrimination positive », etc.

 

Ces missions peuvent se résumer :

 

-          au bilan ponctuel d’intégration ;

-          à la remédiation (action de remédier aux difficultés et lacunes des clients en risque d’échec d’intégration sociale par diverses procédures de type soutien).

-          à l’apport de connaissances aidant à l’intégration ;

-          à l’évaluation du travail de conseiller d’intégration.

 

Champ d’intervention du CONSEILLER D’INTÉGRATION

 

Clientèle :

 

La clientèle du conseiller d’intégration est la population immigrée ayant des papiers en règles, la population ayant été récemment naturalisée ou en demande de naturalisation, les scolaires Français d’origine étrangère, et les élèves en général dans le cadre d’une information sur l’immigration.

 

Attributions :

 

Les attributions du conseiller d’intégration relèvent de la délégation (ou agrément) reçue et des missions octroyées par la Préfecture ou un autre partenaire institutionnel.

Le conseiller d’intégration n’agit pas dans le cadre d’un mandat pour faire respecter la loi, mais il peut intervenir dans le cadre d’une contractualisation entre différents partenaires institutionnels et la personne ou famille concernée.

Il est sous l’autorité des institutions lui ayant conféré mandat et missions à exécuter ou il est redevable vis à vis des prestations commandées.

 

Modes d’intervention et modalités de travail :

 

Le conseiller d’intégration peut recevoir les personnes ou familles en entretien dans un bureau (loué par le conseiller d’intégration ou prêté par la préfecture ou les mairies), se rendre aux domiciles des clients, intervenir en milieu scolaire ou autre…

Le conseiller d’intégration travaille sur la base de dossiers constitués, de notes, de rapports écrits et oraux.

Son temps de travail est constitué par des entretiens, des moments consacrés à la résolution des problèmes, aux écrits, aux interventions devant un public scolaire, aux évaluations.

Il travaille en réseau : avec des partenaires institutionnels, associatifs et privés.

De manière régulière, il doit rendre compte de son travail aux donneurs d’ordres lors de réunions de la commission d’intégration où le conseiller d’intégration peut évoquer les cas qui posent problème et proposer des solutions.

 

Statut social et juridique

 

Le statut social et juridique du conseiller d’intégration dépendra de la relation établie avec le donneur d’ordre et le mode de facturation, de paiement des prestations ou de règlement de salaire.

Soit le conseiller d’intégration constitue une micro-entreprise et facture ses prestations aux institutions donneuses d’ordre, voire aux clients en demande d’aide et d’orientation.

Soit le conseiller est directement embauché par une ou des institutions grâce à des financements croisés : ministère de l’intérieur, ministère de l’immigration et de l’identité nationale, communes, intercommunalité, conseil général, conseil régional, ministère des affaires familiales et sociales.

Diverses solutions existent. Mais il serait bien sûr préférable que le conseiller d’intégration  ne dépende que d’une seule administration.

Dans un premier temps, le projet pourrait être financé de manière contractuelle et renouvelable afin de tester la démarche.

 

 

Objectifs et intérêt pour la société

 

L’objectif visé est évidemment une meilleure intégration des personnes étrangères en situation régulière dans le pays et des personnes naturalisées ou en attente de naturalisation.

L’ouverture d’un dossier permet de suivre les clients dans leur parcours d’intégration à la société française. Dans l’absolu, la clôture d’un dossier montrerait que cette personne ou famille suivies ont gagné leur autonomie dans la société et sont capables d’assurer eux-mêmes la continuité de leur parcours d’intégration…

L’intérêt sociétal est une meilleure prise de conscience de la capacité de citoyen français ou d’immigré ayant un titre de séjour, sa meilleure intégration scolaire, professionnelle et sociale.

Un gain évident du point de vue du traitement en amont de la délinquance et des déviances. De même, un bénéfice conséquent pour les organismes et institutions distributrices d’aide sociale lorsque les individus parviennent à l’autonomie sociale.

Ainsi, la société française aura un moyen d’accompagner l’intégration des personnes arrivant légalement sur son territoire et d’informer les jeunes de l’histoire de l’immigration en France.

L’enjeu est une meilleure cohésion sociale autour d’une identité commune.

Repost 0
Published by dragan - dans Insertion
commenter cet article
22 décembre 2012 6 22 /12 /décembre /2012 22:13

Concept du speed book’ing

 

 

 

o        Le speed book’ing est un concept culturel qui se déroule autour d’échanges littéraires produits par des binômes de personnes qui se retrouvent à cette occasion en face à face pour présenter un – ou des livres – coup de cœur, qu’ils ont particulièrement appréciés, à leur partenaire rencontré à cette occasion.

 

o        Au cours de la cession de speed book’ing, on rencontre ainsi plusieurs personnes auxquelles on présente son (ou ses) livre préféré.

            Les échanges durent 10 minutes ; 5 minutes attribuées pour chaque personne du binôme.

            En début de cession l’animateur tire au sort les premiers binômes.

            A chaque fin de cession de 10 minutes, il sonne la fin de l’échange et désigne les nouveaux binômes pour la prochaine cession d’échange.

 

o        A chaque fin de cession de speed book’ing les participants peuvent s’échanger les livres, prendre des notes, se donner rendez-vous pour une nouvelle rencontre, etc.

 

 

o        Le terme de speed book’ing signifie une « rencontre rapide autour de la littérature ». Comme il a été rajouté une apostrophe après la lettre « K », il ne peut être traduit par son acception littéraire normale : à savoir « réservation rapide ».

 

o        Le concept de speed booking a été créé par Dragan Brkic et a été lancé pour la première fois dans le bar-littéraire, La Cour des Miracles, le 28 juin 2007,  à Rennes (voir article du journal Ouest-France relatant cet événement).

 

o        Depuis il y a eu 6 cessions dont  la dernière le 30 novembre 2007.

 

o        Le concept de speed booking sera amené à être mis en ligne sur un site Internet.

 

o        Il peut également se dérouler à l’occasion de salons littéraires, d’événements culturels organisés par les collectivités territoriales, ou à la télévision et à la radio.

 

o        Le concept du speed book’ing (avec une apostrophe après le K) – rencontre autour de la littérature – n’a rien à voir avec le concept du speed booking – rencontre entre une personne ayant une idée et un éditeur de bande- dessinée – qui a eu lieu en 2007 au salon du livre du Paris.

 

 

 

 

 

 

SPEED BOOK’ING

 

 

Première en France

 

 

 

 

Inscrivez vous à la première soirée de SPEED BOOK’ING qui aura lieu le jeudi 28 juin au

 

Bar-librairie La cour des Miracles (18 rue de penhoët, Rennes)

 

 

q     Vous avez 5 minutes au cours desquelles vous pouvez parler d’un livre que vous avez particulièrement apprécié, à une autre personne qui a également un coup de cœur à vous présenter à la suite de ces 5 minutes.

 

q     Ensuite, vous acceptez ou n’acceptez pas l’échange de livre

 

 

 

Ø          En cas d’échange, revenez dans un mois, le jeudi 27 juillet, en première partie de la nouvelle soirée de speed book’ing pour rendre votre livre, échanger dessus, puis recommencer l’expérience.

 

 

Ø          Plusieurs rencontres sont possibles dans une soirée

 

Ø          Un animateur sera présent pour assurer le bon déroulement du SPEED BOOK’ING

 

 

 

 

 

 

INSCRIVEZ VOUS A l’AVANCE

 

 

 

La cour des Miracles aime les livres

Repost 0
Published by dragan - dans Culture
commenter cet article
22 décembre 2012 6 22 /12 /décembre /2012 22:12

 

 

 

1- Total Artist’

 

 

 

                                                         Table des matières

 

 

Total Artist’ 

Définition 

But 

Sélection des candidats

Fonctionnement

Contenu de programmes d’enseignement et des épreuves

CHAMP DU CONCEPT TOTAL-ARTIST’

Droit d’auteur

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Définition

 

q  « Total Artist’ » est un concept de télé-réalité.

 

But

 

q  Le but du jeu est de former 7 candidats apprentis-artistes à 7 arts généraux afin que l’un d’entre eux puisse accéder au stade final du « Total-Artist’ ».

 

q  Ces 7 arts  sélectionné pour l’émission sont :

 

la peinture, la sculpture, la littérature, le théâtre, la danse, la mode et la musique.

 

Sélection des candidats

 

q  Les candidats sont sélectionnés par un casting. La sélection se fera par l’entremise d’épreuves générales concernant les 7 arts sélectionnés.

 

q  Au départ, aucun des candidats ne sera prévenu des critères de sélection.

 

q  Ces critères doivent en effet permettre de sélectionner des candidats jeunes qui ont le point commun de tous savoir chanter ou jouer d’un instrument, mais qui n’ont pas eu une formation poussée dans les autres matières artistiques choisies pour l’émission.

 

q  De cette manière-là, les spectateurs pourront assister à l’évolution – rapide (ou non) –  des candidats mis en face de ces pratiques artistiques.

 

 

q  Néanmoins, on pourra sélectionner des candidats ayant déjà touché un peu aux autres arts, mais pas professionnellement.

 

q  L’essentiel est qu’ils aient des potentialités en eux décelées  lors du casting.

 

 

 

Fonctionnement

 

 

q  Le jeu se déroule en deux phases : une première – phase préparatoire – d’une durée de 21 semaines, et une deuxième – phase éliminatoire – d’une durée de 5 semaines.

 

q  Dans la première phase, les candidats reçoivent une formation dans chaque catégorie artistique qui dure 3 semaines : soit en tout 7 cessions de 3 semaines.

 

q  Durant la semaine, des scènes de la vie quotidienne de l'académie Total Artist’ sont retransmises à une heure en début de soirée, qui sont censées nous faire découvrir la vie commune des apprentis-artistes et leur évolution artistique.

 

q  Le public participe aux cours de manière interactive. Des concours et jeux peuvent être lancés pour le fidéliser.

 

q  Chaque vendredi des deux premières semaines se déroule une émission spéciale en direct durant laquelle les candidats sont évalués par les formateurs. Au cours de cette émission sont invités des artistes reconnus représentant les sept arts enseignés. Un classement est déterminé à chaque fin d’émission.

 

q  Le 3ème et dernier vendredi du cycle, la cession d’apprentissage se termine par une dernière évaluation effectuée par les formateurs et complétée par un vote du public par SMS.

 

q  La fin du cycle est ponctuée par le classement final basé sur la combinaison des évaluations du jury et des votes du public.

 

q  Ce classement évolue ainsi durant les 7 cycles d’apprentissage.

 

q  Dans la deuxième phase, phase éliminatoire d’une durée de 5 semaines, les élèves se produisent de nouveau en direct le vendredi soir : le choix des arts joués durant les soirées éliminatoires se fait par tirage au sort à chaque début de semaine.

 

q  Donc, le premier vendredi les jurés et le public éliminent un candidat.

 

q  Et ainsi de suite jusqu’au dernier vendredi qui verra les deux derniers candidats s’affronter sur divers sujets tirés de nouveau au sort en début de semaine pour leur laisser le temps de les préparer.

 

 

 

Contenu de programmes d’enseignement et des épreuves

 

 

- L’enseignement en 3 semaines consiste à faire comprendre à l’élève les bases artistiques qui permettent d’élaborer une œuvre ou de la jouer.

 

- Les contenus artistiques enseignés sont à la fois tirés des savoirs fondamentaux classiques mais aussi tournés vers le monde moderne.

 

- Nous fournissons des indications sommaires qui pourront être complétées par l'équipe des formateurs.

 

 

 

 

 

 

Ø  La peinture

 

Contenu

 

q  L'apprentissage des couleurs primaires et complémentaires. L’harmonie des couleurs. Le dessin. La synthétisation. La composition. Les formes artistiques utilisées  dans la peinture : l'art figuratif, abstrait, expressionniste. Les différents supports de travail. Les différentes manières de travailler : le patchwork, la customisation, le collage, etc.

 

Épreuves

 

q  Les élèves évoluent comme dans un atelier d’art. Ils servent respectivement de modèle les uns aux autres. Pour ne pas perdre de temps, ils peuvent prendre leur modèle en photo.

 

q  Les sujets des épreuves sont le portrait, le corps, la nature morte.

 

 

 

Ø  La sculpture

 

Contenu

 

q  Les différents matériaux : bois, plâtre, pierre, objets récupérés.

q  Les formes abstraites ou figuratives.

 

Épreuves

 

q  Les sujets des épreuves de sculpture sont le portrait, le corps, ou d'autres sujets libres : comme des thèmes : la liberté, l'amour, etc.

q  On peut tout à fait imaginer des sculptures sur le corps même des participants.

 

 

Ø  La littérature

 

Contenu

 

q  Le schéma actanciel. La chute. Les sonorités. Les types de phrase.

q  La nouvelle, la poésie, le slam, le reportage, etc.

 

Épreuves

 

q  Les thèmes de l'épreuve sont des sujets classiques ou des thèmes de l'académie : l'amour, la souffrance, l'humanité, la dispute, la beauté, la description, etc.

 

 

Ø  Le théâtre.

 

Contenu

 

q  Construction de saynètes. Théâtre forum. Jeu de l’acteur. Improvisation. Travail de mise en scène. Jeu à trois, à deux, en solo, voire à sept.

 

Épreuves

 

q  Ce sont les thèmes sont ceux de la vie quotidienne de l'académie.

 

 

Ø  La danse.

 

Contenu

 

q  Danse contemporaine. Rap. Electro Tech. Construction de chorégraphie. Fondamentaux de danse.

 

Épreuves

 

q  Ce sont des thèmes classiques ou qui reprennent la vie du groupe.

 

 

Ø  La mode.

 

Contenu

 

q  La couture. Les matériaux. 

q  Les élèves sont les mannequins du défilé.

 

Épreuves

 

q  Collection d’hiver, de printemps, spéciale émission.

 

 

Ø  La musique.

 

Contenu

 

q  Les élèves ont le choix soit d’écrire un texte soit de reprendre une chanson connue.

q  Les élèves sont accompagnés musicalement par des professionnels.

 

Épreuves

 

q  Les élèves doivent arriver à exprimer leurs émotions que ce soit avec les chansons connues d’artistes en réputés ou, mieux, avec ce qu’ils auront créé durant le petit laps de temps dans  leur atelier.

 

 

 

 

CHAMP DU CONCEPT TOTAL-ARTIST’

 

Le concept dénommé "Total Artist’ représente cette épreuve télévisuelle qui réunit des apprentis-artistes dans une académie où leur sont dispensées des formations dans les sept arts suscités afin que l'un d'entre eux puisse parvenir au stade du Total Artist’, à savoir le gagnant de l'épreuve durant 26 semaines.

 

Mais le nom de ce concept pourrait être tout autre : par exemple artiste-académie, les sept arts, Athéna, etc.

 

De même, le nombre d'artistes sélectionnés, la durée de l'épreuve ou le choix des arts peuvent être différents.

 

Ce concept est donc évolutif. Cependant, son idée générale - qui promeut un apprentissage polyvalent de l'artiste - recouvre un champ général assez vaste qui peut être défini par des noms d'émission, un nombre de candidat, une durée du jeu et un choix de matière artistique différents.

 

 

Droit d’auteur

 

Le concept de l’émission de télé-réalité Total Artist’ a été créé par Brkic Dragan, habitant au 30 D rue Louis Guilloux, 35000 Rennes.

Ce concept peut également être décliné par le truchement d’un jeu de société, d’un jeu télévisuel autre que celui défini dans ce document, sur un site internet ou d’un logiciel de jeu.

Toutes sociétés de production qui reprendra ce concept devra préalablement avoir signé un contrat de cession de droits avec le créateur du concept Total Artist’.

Monsieur Brkic Dragan se réserve le droit de lancer une action en justice par l'intermédiaire de son cabinet d’avocat en cas de spoliation de ses droits d’auteur.

 

 

 

 

Rennes le 20 octobre 2007

 

 

Dépôt effectué à la SNAC 

 

 

                             

 

                                                                                                            Brkic Dragan

 

Repost 0
Published by dragan - dans Culture
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog artistique de Dragan
  • Le blog artistique de Dragan
  • : Art, culture, sport, économie et politique.
  • Contact

Profil

  • Dragan
  • Écrivain, peintre, journaliste.
  • Écrivain, peintre, journaliste.

Recherche

Liens