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15 juillet 2013 1 15 /07 /juillet /2013 21:36

Mon nouveau livre coécrit avec Tony Ferri, La condition pénitentiaire, a paru aux éditions l'Harmattan. Une présentation sera organisée en septembre à Paris, et peut-être à Rennes.

 

http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=40787

 

 

 

 


rectoverso
LA CONDITION PÉNITENTIAIRE
Essai sur le traitement corporel de la délinquance
Dragan Brkic, Tony FERRI
Questions contemporaines
TRAVAIL SOCIAL


Dans quelle situation d'existence se trouvent les condamnés lorsqu'ils ont à purger une peine ferme ? Comment vivent-ils leur parcours carcéral, comment s'accommodent-ils de leur aménagement de peine quand il prend la forme du placement sous surveillance électronique ? À partir des données actuelles observables en France et de la question portant sur les effets concrets de l'enfermement pénal, ce livre se résout à mettre des mots sur ce qui est parfois ressenti obscurément tant par les reclus que par les porteurs du bracelet pénal.


 

ISBN : 978-2-343-01083-0 • juillet 2013 • 166 pages

Prix éditeur : 17,5 € 16,63 € / 109 FF
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EAN Ebook format Pdf : 9782336321196
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20 juin 2013 4 20 /06 /juin /2013 17:14

 

Article paru sur le magazine web Unidivers

 

 

 

La fin malencontreuse de Virgin Rennes : Faut-il en pleurer ou en rire ?

Ecrit par Dragan Bkric. Publié dans > |, Economie, Politique et société à Rennes

Mots-clés : , , , , , , , , , , ,

virgin, rennes

Publié le 18 juin 2013

Virgin mégastore Rennes a définitivement fermé ses portes le mercredi après-midi 12 juin 2013. Personne ne peut rester insensible à cette disparition prématurée et brutale d’une institution culturelle et commerciale, créée en 1998 (pour le premier Virgin des Champs-Élysées), qui avait pignon sur rue et à laquelle les Rennais s’étaient habitués.

Naturellement, on serait tentés de s’apitoyer sur le sort des salariés et sur la perte de ce bel emplacement dans lequel on pouvait fureter, obtenir des conseils, acheter des livres,  des disques, du matériel multimédias, etc. À vrai dire, ce grand magasin, en plus d’être bien équipé, était idéalement situé au beau milieu de la rue commerçante Le Bastard. Virgin rendait service à une clientèle plutôt jeune et, par la même occasion, faisait travailler un nombre important de salariés, certains d’entre eux étant entrés dans la boîte en 1988 à Paris.

Mais voilà maintenant que Rennes se voit privé d’un commerce dit « culturel » qui donnait un peu de couleur et de vie au centre-ville. Un centre rennais de plus en plus stéréotypé, envahi par les boutiques de fringues et de chaussures, les banques contemporaines, les opérateurs de téléphonie mobile, les agences immobilières et les restaurations rapides à emporter. Un centre de plus en plus appauvri, stéréotypé, dénué d’une humanité sensible et bienveillante.

Face à cette réalité lugubre, certains regrettent le comportement du principal actionnaire, le fonds d’investissement Butler, qu’ils regardent comme un petit soldat sans âme du monde ultralibéral. Faisant son beurre de la crise, il n’a aucune honte à supprimer les commerces intéressants de proximité. Un processus qui, il est vrai, a déjà débuté à la fin des années soixante-dix. Virgin a lui-même participé à l’anéantissement de la société de relations de proximité locale en écrasant les petits libraires et disquaires.

Ce regret tourne au dégoût dès lors qu’il semble que Virgin Mégastore marchait finalement assez bien. Ses années d’or furent principalement celles la décennie 90 qui a vu la marque encaisser les bénéfices de sa captation d’image et valorisation de marque atour de l’univers musical. Les ventes de disques battaient des records. Quant à l’unité installée à Rennes, elle réalisait un bénéfice confortable. Et ce, même après la crise du disque, grâce à une vente de livres bénéficiaire. Par cette fidélité, une partie des Rennais a montré leur attachement à ce lieu dont le personnel s’est toujours montré compétent et sympathique. Mais que représente finalement un petit bénéfice pour des actionnaires avides de gains élevés et immédiats ? Pas grand-chose au demeurant. Si ce n’est de les cumuler avec d’autres rentrées d’argent sur le territoire eux aussi en totale déconnexion avec l’économie réelle et collective.

Ce qui ressort des analyses de différentes personnes que nous avons interrogées reste que la société Virgin semble avoir conduit une politique commerciale et un management des moins intelligents. Les dirigeants et actionnaires (groupe Butler finances depuis 2007, Lagardère auparavant) ont choisi de réaliser des économies de bouts de chandelle en essayant de rationaliser le travail du personnel au détriment de la promotion salariale au sein de l’entreprise. Qui plus est, Virgin a manqué les rendez-vous économiques, technologiques et sociaux importants. Par exemple, durant la première décennie du XXe siècle, les actionnaires n’ont pas su, à l’inverse d’autres concurrents directs, potentialiser la vente des MP3 et iPod et mettre rapidement en place un site de vente en ligne. Ces produits étaient insuffisamment commandés en stock, ils demeuraient beaucoup plus chers que ceux de la concurrence. De nombreux salariés du groupe pointent deux raisons : d’une part, l’incompétence d’une génération de directeurs « sup de co » embauchés dans les années 2000 peu humains et imcompétents ; d’autre part, la centralisation des achats à Paris déconsidérait le personnel sur place et rendait difficile un travail adapté localement, a fortiori sur mesure.

Résultat : les employés étaient obligés de faire d’innombrables retours de produits invendables et de vendre deux fois plus pour compenser les pertes imputables à ces erreurs stratégiques. Par ailleurs, pour pallier à la baisse des ventes de disques, il a été décidé de renforcer le secteur de la papeterie, un domaine qui rapporte très peu en comparaison du travail de fourmis nécessaire à sa gestion. La part du chiffre d’affaires la plus importante, la librairie, n’était pas assez exploitée. De là à croire que les actionnaires ne croyaient pas dans le livre papier…

Et pour compenser ces erreurs de stratégie commerciale, les stratèges se sont mis à mettre la pression sur le personnel. Combien de temps pourra encore durer cette tendance mondiale et nationale à faire de la richesse humaine une charge et la seule variable d’ajustement. Les cerveaux de Virgin – avec, en tête, le directeur de la succursale de Lyon – n’ont rien trouvé de mieux que d’inventer leur propre méthode de management, dénommée Virgin First. Non, ce n’était pas le nouveau mac do du mégastore. C’était un dispositif destiné à accroître la charge du personnel et à rationaliser son travail. À imposer dans toutes les régions. Ainsi, une commission posa ses valises technocratiques à Rennes pour encadrer d’une nouvelle manière un personnel qui s’était pourtant montré dévoué à une marque qu’il croyait sincère et moderne. Sous le dessein de « rationalisation » – un terme aux acceptions et réalités multiples… – se serait-il agi de se débarrasser d’un personnel trop vieillot et coûteux ? Un personnel qui en vérité gagnait des salaires exorbitants : par exemple, un responsable du stock avec 15 années d’anciennetés touchait la somme de 1250 euros !

Voilà qui jette une cruelle lumière sur la vie interne de Virgin. Certains en concluent que les salariés se sont fait doublement berner : ils ont cru en la parole éthique d’un concept branché et moderne ; ils ont abandonné leur propre route, qui auraient pu être meilleure, certes, pire…

Cet échec de Virgin démontre l’échec du modèle économique des marchés néo-modernes. Des actionnaires plus voraces qu’intelligents, une communication manipulée, un management destructif au lieu d’être constructif, des bailleurs opulents qui grèvent la réalité économique et des banques plus préoccupées par leur compte du jour que par l’intérêt collectif. Voilà le constat terrifiant qui se retourne après sur chaque citoyen honnête et de bonne volonté…

Somme toute, les fautifs dans cette histoire sont d’abord les actionnaires qui se jouent du commerce de proximité, qualitatif, producteur d’énergie et de valeurs.  Ensuite, n’oublions pas les bailleurs – la nouvelle noblesse moderne – qui exploitent l’usufruit de leurs biens à l’extrême limite de nos limites. Virgin mégastore Paris payait un loyer de 6 millions d’euros à Qatar Investment Authority, lequel a versé plus de 500 millions d’euros pour racheter le bâtiment de 27.000 m² à Groupama, un autre pigeon-voyageur rudement secoué par la crise Grecque. Et le Virgin de Rennes déboursait environ 700 000 euros par an…

La morale de l’histoire nous démontre avec force que trop souvent les actionnaires manipulateurs – les fonds d’investissement – sont les mêmes rapaces qui achètent les biens les plus chers dans la capitale et les grandes villes de province. Ils rendent impossible une vie économique de proximité intelligente et équilibrée, celle qui favorise une culture multimédia maîtrisée par ses consommateurs dans un souci de vie créatrice et heureuse.

D’aucuns pleureront cette disparition de Virgin parce qu’ils aimaient y acheter leurs instruments de détente et d’oubli.  Moi, je m’apitoierai plutôt sur le sort du lieu qui permettait encore de respirer des livres papier dans une ambiance détendue et aérée, contrairement à celle de la FNAC.

Quant au modèle économique qui cause tous ces dégâts à notre tissu local, il conviendrait que les citoyens s’organisent et prennent des mesures collectives pour y répondre afin de le maîtriser et ne pas se retrouver dépossédés de leur avenir comme de leur présent. Le boycott peut être une réaction sensée et pacifique qui peut faire mal à un fond de pension, une future marque de vêtements irrespectueuse ou à un bailleur radin.

Quoi qu’il en soit, l’important est de réagir, par n’importe quel moyen, politique s’il le faut. En cette perspective, espérons que des partis s’éveilleront et nous proposeront une porte de sortie honorable à ce système maquignon.

Dragan Brkic

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8 janvier 2013 2 08 /01 /janvier /2013 21:17

 


Qu’est-ce punir, châtiment, hypersurveillance, prison,Tony Ferri, L'Harmattan, Foucault, Alain Brossat, bracelet électronique, délinquance, surveillance, punition


Qu’est-ce punir ? Du châtiment à l’hypersurveillance de Tony Ferri, L’Harmattan, nov. 2012. 256p. 26,50 €

Depuis Surveiller et Punir de Michel Foucault, paru en 1975, bien peu de nos contemporains se sont emparés de l’univers carcéral. Tony Ferri, qui est conseiller d’insertion et de probation, a le mérite de relancer le débat sur la position de l’intellectuel sur un sujet pourtant de plus en plus capital dans nos sociétés. Qu’est-ce que punir ?est un ouvrage de synthèse de sa thèse de philosophie soutenue en 2012 à l’université Paris VIII sous la direction d’Alain Brossat, auteur notamment de Pour en finir avec la prison ?

Dans ce livre, Tony Ferri s’inscrit dans le courant de pensée foucaldienne et de son maître de thèse qui, parmi d’autres, s’emploie à de trouver une solution aux nombreux problèmes que pose la prison actuelle. Il y interroge, au fil de ses chapitres, l’apparente continuité historique d’un soi-disant progrès pénal. Ce progrès existe-t-il véritablement ? Il est vrai qu’en partant de la peine-châtiment, qui prévalait sous l’ancien régime, à la peine-prison moderne comme mode d’exécution de la peine à partir du XIXe siècle, on est parvenu à une sorte de basculement technocratique au début du XXIe siècle avec l’intronisation de la peine électronique, laquelle préfigure un monde d’hypersurveillance.

Une première interprétation de l’histoire pénitentiaire inviterait donc à admettre l’existence d’un progrès pénal instillé par quelques ruptures importantes : ruptures avec la guerre – l’après 1945 ayant bouleversé le Paradigme pénitentiaire –, avec le sectarisme sociétal – les avancées de 1968 ayant débouché sur des avancées fondamentales dans les années 70 –, avec l’ancien monde – l’émergence de la technique, de l’ère moderne, de la mondialisation ayant changé les modalités d’exécution des peines –, et avec la pauvreté – l’élévation du niveau de vie ayant amélioré les conditions de détention. En ce sens, il y aurait réellement un continuum à base démocratique qui influerait sur un progrès pénal. L’auteur remarque d’ailleurs que sous l’ancien régime, la sanction pénale avait pour but de marquer vivement les esprits en éliminant l’individu radicalement du corps social, alors que la pénalité contemporaine se donne, elle, clairement pour objectif la réhabilitation des détenus.

Mais une seconde interprétation, plus implicite, nous inciterait  à y regarder de plus près, comme le suggère Foucauld lorsqu’il affirme que « son problème est de définir les systèmes implicites dont nous sommes prisonniers » et « voudrait rendre apparent l’inconscient culturel, pour mieux y échapper ». En fait, à travers le changement opéré par l’histoire, de la violence de l’Ancien Régime et de la peine prison jusqu’à la mise en œuvre de la détention comme une tentative de réhabiliter le condamné, se dégage un renversement complet de perspective dans la manière de traiter ce dernier et son infraction. Il n’est plus question de surveiller l’individu mis à l’écart de la société, mais de l’épier désormais dans sa vie quotidienne.

En amont de l’ère de l’hypersurveillance, il s’agissait de faire disparaître le condamné. Avec l’ère de l’hypersurveillance, la pénalité s’exprime dorénavant selon l’exigence de rendre invisible et indétectable la technologie du pouvoir de punir. On est là dans le non-dit, dans l’implicite, le caché, la sophistication de l’argumentaire pro domo, la mystification du modèle de la réhabilitation.

Tony Ferri explique en effet que, même si les modalités de la peine ont changé sous l’effet de la modernité et des promesses électorales, on assiste plutôt, avec l’exemple du bracelet électronique, à un maquillage des intentions réelles, à un déplacement en fait, à un décentrement des mécanismes d’emprise. Par analogie, on dirait que la prison est à la peine capitale ce que le Placement sous surveillance électronique (PSE) est à la prison.

Il y a un renversement de paradigme : celui du camp à celui du réseau ou de formation en étoile. L’enjeu d’emprise n’est plus de surveiller les condamnés dans un espace clos, mais de contrôler en catimini cet ensemble d’individus où ils sont, en les pistant continûment. Ceci présageant une époque de l’hypersurveillance, qui est le pendant machiavélique de l’esclavage de l’antiquité. Le nouveau condamné n’est plus répertorié par un numéro d’écrou mais par une empreinte ADN, par une puce électronique et par un rating de dangerosité établi par les services pénitentiaires. Le travail des conseillers d’insertion pénitentiaire se réduit désormais à établir une hasardeuse note de dangerosité, à attribuer un PSE ou à sanctionner par un retrait de la mesure. À ce titre, les personnels des services pénitentiaires d’insertion et de probation, par leur ancrage dans un rôle et des missions purement pénitentiaires, au service d’un pouvoir politique dominant, apparaissent comme les composants d’un avatar de l’image du bourreau dans les temps modernes.

Les détenus, les libérés, les ex-condamnés, les potentiellement condamnables en deviennent des déchets redondants, à savoir des êtres dont on ne veut plus dans la société car ils sont irrécupérables, de trop.

C’est là qu’intervient l’engagement de l’intellectuel face au sécuritarisme et l’hypersurveillance. Le philosophe plaide pour une conception sartienne de l’engagement de l’intellectuel qui doit se mêler des choses qui ne le regardent pas, bien que, paradoxalement, ce soit des affaires qui devraient l’intéresser au plus haut point. Malheureusement, l’image du penseur moderne s’est dilué dans les sons et les lumières du tube cathodique et s’est ringardisée face à la communication outrecuidante des hommes politiques. Ces derniers sont devenus les nouveaux savants par lesquels toute idée nouvelle doit passer, bien qu’elles aient été plagiée sur d’autres ou ailleurs. En pratique, la prise de décision se fait dorénavant toujours à l’échelon politique et technocratique par des administratifs rémunérés à vie pour tenir l’administration pénitentiaire dans un cadre historique sécuritaire sans êtres soumis à aucune obligation de résultats…

On présente donc une mesure, par exemple le bracelet électronique, comme une évolution positive pour les détenus et la société. Mais en vérité le but ne serait-il pas de dissimuler les vraies intentions : par exemple de gérer les flux pénitentiaires ou de rendre moins cher l’enfermement ? Et peut-être, comme le suggère Tony Ferri, d’instituer l’ère de l’hypersurveillance. Pour l’auteur, l’un des dangers de l’hypersurveillance est d’ordre technocratique. Il réside dans le fait qu’elle tend à précipiter la pénalité dans une dérive du « tout statique » et du « tout électronique » au détriment de tout autre considération. Il souligne également un autre danger : préparer les hommes à accepter une hypersurveillance à l’échelle sociale.

Voilà le nœud gordien qui se noue entre social et délinquance. Pour certains, il faut responsabiliser le délinquant sans qu’il ait d’excuses sociales. D’autres reconnaissent l’inconsistance des politiques à pouvoir instaurer des cadres pénaux et sociétaux justes. Car, si l’on prenait sérieusement en compte la délinquance en col blanc, en fusionnant par exemple, à l’image de nombreux pays, la branche pénale et administrative de la justice, on doublerait rapidement le nombre de prisonniers. Qu’est-ce qui est finalement plus important pour la société ? De condamner et d’emprisonner de petits délinquants ou de punir la délinquance financière, économique, politique et celle sourde des ronds-de-cuir opérant sous le couvert de l’État ?

C’est là qu’intellectuels, élus, associations et citoyens peuvent agir en s’unissant, à l’exemple du Groupe d’informations sur les prisons des années soixante-dix. Un nouvel esprit doit naître. Il s’agit de rénover l’univers carcéral en refondant la manière de punir et d’exécuter les peines. Beaucoup de monde s’accorde à reconnaitre que la peine-prison est morte depuis que les États-Unis ou la Chine l’ont transformé en systèmes carcéraux inflationnistes et injustes. Il convient donc mettre en réseau ces gens afin de persuader les politiques de ne pas écouter les échos démagogiques du peuple railleur et incohérent, mais de prendre des risques calculés pour le plus grand bénéfice de la société future.

 

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22 décembre 2012 6 22 /12 /décembre /2012 22:26

Brkic Dragan

30 D rue Louis Guilloux

35 000 Rennes

brickdragan@yahoo.fr

06-82-20-83-58

 

 

 

Conseiller d’intégration

 

 

Étant d’origine étrangère et ayant eu un parcours d’insertion assez difficile, j’ai eu l’idée de transmettre mon expérience à travers la création d’une nouvelle profession ayant pour dénomination « conseiller d’intégration ».

Pour que vous puissiez bien comprendre les missions de cette nouvelle profession et en saisir l’intérêt, je vais vous exposer ci-après :

 

-          les missions de cette nouvelle profession ;

-          son champ d’intervention ;

-          son statut social ;

-          les objectifs et l’intérêt pour la société.

 

 

 

 

 

 

Missions du CONSEILLER D’INTÉGRATION 

 

 

Les missions du conseiller d’intégrationdécoulent en grande partie de mon expérience sociale et professionnelle.

En tant qu’ex-immigré ayant eu des problèmes d’orientation et d’exclusion, j’ai pris conscience qu’à un moment donné du parcours, l’immigré, ou la personne qui a obtenu sa naturalisation, a grandement besoin du soutien d’une personne expérimentée, agrémentée et soutenue par l’État et les différentes institutions administratives et locales. Ceci afin de favoriser au maximum son intégration à des moments cruciaux de la vie, et d’anticiper un passage qui le mènerait à la délinquance ou à d’autres dérives.

 

À cet égard, que peut apporter le conseiller d’intégration ?

 

Cette personne doit se situer aux frontières du « travail social » et du « contrôle social ».

Elle doit utiliser les compétences du travailleur social, du conseiller d’insertion et de probation, du conseiller en économie familiale et sociale, du conseiller en réadaptation, du conseiller d’orientation et du conseiller principal d’éducation en milieu scolaire.

Ses missions pourront être aussi variées que précises.

Précises au niveau du processus d’intégration d’une personne ou d’une famille, c’est-à-dire par rapport au stade acquis : du langage, de l’intégration scolaire, sociale et professionnelle, des comportements sociaux, de la capacité d’autonomie, de la connaissance de l’histoire de la France, des us et des coutumes du pays.

Variées au regard des différentes orientations possibles pouvant favoriser l’intégration des personnes suivies : aide psychologique à la personne, groupe de parole, vie associative, chantiers d’insertion, vie citoyenne, citoyen-référent, aides sociales, « discrimination positive », etc.

 

Ces missions peuvent se résumer :

 

-          au bilan ponctuel d’intégration ;

-          à la remédiation (action de remédier aux difficultés et lacunes des clients en risque d’échec d’intégration sociale par diverses procédures de type soutien).

-          à l’apport de connaissances aidant à l’intégration ;

-          à l’évaluation du travail de conseiller d’intégration.

 

Champ d’intervention du CONSEILLER D’INTÉGRATION

 

Clientèle :

 

La clientèle du conseiller d’intégration est la population immigrée ayant des papiers en règles, la population ayant été récemment naturalisée ou en demande de naturalisation, les scolaires Français d’origine étrangère, et les élèves en général dans le cadre d’une information sur l’immigration.

 

Attributions :

 

Les attributions du conseiller d’intégration relèvent de la délégation (ou agrément) reçue et des missions octroyées par la Préfecture ou un autre partenaire institutionnel.

Le conseiller d’intégration n’agit pas dans le cadre d’un mandat pour faire respecter la loi, mais il peut intervenir dans le cadre d’une contractualisation entre différents partenaires institutionnels et la personne ou famille concernée.

Il est sous l’autorité des institutions lui ayant conféré mandat et missions à exécuter ou il est redevable vis à vis des prestations commandées.

 

Modes d’intervention et modalités de travail :

 

Le conseiller d’intégration peut recevoir les personnes ou familles en entretien dans un bureau (loué par le conseiller d’intégration ou prêté par la préfecture ou les mairies), se rendre aux domiciles des clients, intervenir en milieu scolaire ou autre…

Le conseiller d’intégration travaille sur la base de dossiers constitués, de notes, de rapports écrits et oraux.

Son temps de travail est constitué par des entretiens, des moments consacrés à la résolution des problèmes, aux écrits, aux interventions devant un public scolaire, aux évaluations.

Il travaille en réseau : avec des partenaires institutionnels, associatifs et privés.

De manière régulière, il doit rendre compte de son travail aux donneurs d’ordres lors de réunions de la commission d’intégration où le conseiller d’intégration peut évoquer les cas qui posent problème et proposer des solutions.

 

Statut social et juridique

 

Le statut social et juridique du conseiller d’intégration dépendra de la relation établie avec le donneur d’ordre et le mode de facturation, de paiement des prestations ou de règlement de salaire.

Soit le conseiller d’intégration constitue une micro-entreprise et facture ses prestations aux institutions donneuses d’ordre, voire aux clients en demande d’aide et d’orientation.

Soit le conseiller est directement embauché par une ou des institutions grâce à des financements croisés : ministère de l’intérieur, ministère de l’immigration et de l’identité nationale, communes, intercommunalité, conseil général, conseil régional, ministère des affaires familiales et sociales.

Diverses solutions existent. Mais il serait bien sûr préférable que le conseiller d’intégration  ne dépende que d’une seule administration.

Dans un premier temps, le projet pourrait être financé de manière contractuelle et renouvelable afin de tester la démarche.

 

 

Objectifs et intérêt pour la société

 

L’objectif visé est évidemment une meilleure intégration des personnes étrangères en situation régulière dans le pays et des personnes naturalisées ou en attente de naturalisation.

L’ouverture d’un dossier permet de suivre les clients dans leur parcours d’intégration à la société française. Dans l’absolu, la clôture d’un dossier montrerait que cette personne ou famille suivies ont gagné leur autonomie dans la société et sont capables d’assurer eux-mêmes la continuité de leur parcours d’intégration…

L’intérêt sociétal est une meilleure prise de conscience de la capacité de citoyen français ou d’immigré ayant un titre de séjour, sa meilleure intégration scolaire, professionnelle et sociale.

Un gain évident du point de vue du traitement en amont de la délinquance et des déviances. De même, un bénéfice conséquent pour les organismes et institutions distributrices d’aide sociale lorsque les individus parviennent à l’autonomie sociale.

Ainsi, la société française aura un moyen d’accompagner l’intégration des personnes arrivant légalement sur son territoire et d’informer les jeunes de l’histoire de l’immigration en France.

L’enjeu est une meilleure cohésion sociale autour d’une identité commune.

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22 décembre 2012 6 22 /12 /décembre /2012 22:13
Concept du speed book’ing

 

 

 

o        Le speed book’ing est un concept culturel qui se déroule autour d’échanges littéraires produits par des binômes de personnes qui se retrouvent à cette occasion en face à face pour présenter un – ou des livres – coup de cœur, qu’ils ont particulièrement appréciés, à leur partenaire rencontré à cette occasion.

 

o        Au cours de la cession de speed book’ing, on rencontre ainsi plusieurs personnes auxquelles on présente son (ou ses) livre préféré.

            Les échanges durent 10 minutes ; 5 minutes attribuées pour chaque personne du binôme.

            En début de cession l’animateur tire au sort les premiers binômes.

            A chaque fin de cession de 10 minutes, il sonne la fin de l’échange et désigne les nouveaux binômes pour la prochaine cession d’échange.

 

o        A chaque fin de cession de speed book’ing les participants peuvent s’échanger les livres, prendre des notes, se donner rendez-vous pour une nouvelle rencontre, etc.

 

 

o        Le terme de speed book’ing signifie une « rencontre rapide autour de la littérature ». Comme il a été rajouté une apostrophe après la lettre « K », il ne peut être traduit par son acception littéraire normale : à savoir « réservation rapide ».

 

o        Le concept de speed booking a été créé par Dragan Brkic et a été lancé pour la première fois dans le bar-littéraire, La Cour des Miracles, le 28 juin 2007,  à Rennes (voir article du journal Ouest-France relatant cet événement).

 

o        Depuis il y a eu 6 cessions dont  la dernière le 30 novembre 2007.

 

o        Le concept de speed booking sera amené à être mis en ligne sur un site Internet.

 

o        Il peut également se dérouler à l’occasion de salons littéraires, d’événements culturels organisés par les collectivités territoriales, ou à la télévision et à la radio.

 

o        Le concept du speed book’ing (avec une apostrophe après le K) – rencontre autour de la littérature – n’a rien à voir avec le concept du speed booking – rencontre entre une personne ayant une idée et un éditeur de bande- dessinée – qui a eu lieu en 2007 au salon du livre du Paris.

 

 

 

 

 

 

SPEED BOOK’ING

 

 

Première en France

 

 

 

 

Inscrivez vous à la première soirée de SPEED BOOK’ING qui aura lieu le jeudi 28 juin au

 

Bar-librairie La cour des Miracles (18 rue de penhoët, Rennes)

 

 

q     Vous avez 5 minutes au cours desquelles vous pouvez parler d’un livre que vous avez particulièrement apprécié, à une autre personne qui a également un coup de cœur à vous présenter à la suite de ces 5 minutes.

 

q     Ensuite, vous acceptez ou n’acceptez pas l’échange de livre

 

 

 

Ø          En cas d’échange, revenez dans un mois, le jeudi 27 juillet, en première partie de la nouvelle soirée de speed book’ing pour rendre votre livre, échanger dessus, puis recommencer l’expérience.

 

 

Ø          Plusieurs rencontres sont possibles dans une soirée

 

Ø          Un animateur sera présent pour assurer le bon déroulement du SPEED BOOK’ING

 

 

 

 

 

 

INSCRIVEZ VOUS A l’AVANCE

 

 

 

La cour des Miracles aime les livres

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22 décembre 2012 6 22 /12 /décembre /2012 22:12

 

 

 

 

 
 

                                                         Table des matières

 

 

Total Artist’ 

Définition 

But 

Sélection des candidats

Fonctionnement

Contenu de programmes d’enseignement et des épreuves

CHAMP DU CONCEPT TOTAL-ARTIST’

Droit d’auteur

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
 
 

 

q  « Total Artist’ » est un concept de télé-réalité.

 
But

 

q  Le but du jeu est de former 7 candidats apprentis-artistes à 7 arts généraux afin que l’un d’entre eux puisse accéder au stade final du « Total-Artist’ ».

 

q  Ces 7 arts  sélectionné pour l’émission sont :

 

la peinture, la sculpture, la littérature, le théâtre, la danse, la mode et la musique.

 

 

q  Les candidats sont sélectionnés par un casting. La sélection se fera par l’entremise d’épreuves générales concernant les 7 arts sélectionnés.

 

q  Au départ, aucun des candidats ne sera prévenu des critères de sélection.

 

q  Ces critères doivent en effet permettre de sélectionner des candidats jeunes qui ont le point commun de tous savoir chanter ou jouer d’un instrument, mais qui n’ont pas eu une formation poussée dans les autres matières artistiques choisies pour l’émission.

 

q  De cette manière-là, les spectateurs pourront assister à l’évolution – rapide (ou non) –  des candidats mis en face de ces pratiques artistiques.

 

 

q  Néanmoins, on pourra sélectionner des candidats ayant déjà touché un peu aux autres arts, mais pas professionnellement.

 

q  L’essentiel est qu’ils aient des potentialités en eux décelées  lors du casting.

 

 

 

 

 

q  Le jeu se déroule en deux phases : une première – phase préparatoire – d’une durée de 21 semaines, et une deuxième – phase éliminatoire – d’une durée de 5 semaines.

 

q  Dans la première phase, les candidats reçoivent une formation dans chaque catégorie artistique qui dure 3 semaines : soit en tout 7 cessions de 3 semaines.

 

q  Durant la semaine, des scènes de la vie quotidienne de l'académie Total Artist’ sont retransmises à une heure en début de soirée, qui sont censées nous faire découvrir la vie commune des apprentis-artistes et leur évolution artistique.

 

q  Le public participe aux cours de manière interactive. Des concours et jeux peuvent être lancés pour le fidéliser.

 

q  Chaque vendredi des deux premières semaines se déroule une émission spéciale en direct durant laquelle les candidats sont évalués par les formateurs. Au cours de cette émission sont invités des artistes reconnus représentant les sept arts enseignés. Un classement est déterminé à chaque fin d’émission.

 

q  Le 3ème et dernier vendredi du cycle, la cession d’apprentissage se termine par une dernière évaluation effectuée par les formateurs et complétée par un vote du public par SMS.

 

q  La fin du cycle est ponctuée par le classement final basé sur la combinaison des évaluations du jury et des votes du public.

 

q  Ce classement évolue ainsi durant les 7 cycles d’apprentissage.

 

q  Dans la deuxième phase, phase éliminatoire d’une durée de 5 semaines, les élèves se produisent de nouveau en direct le vendredi soir : le choix des arts joués durant les soirées éliminatoires se fait par tirage au sort à chaque début de semaine.

 

q  Donc, le premier vendredi les jurés et le public éliminent un candidat.

 

q  Et ainsi de suite jusqu’au dernier vendredi qui verra les deux derniers candidats s’affronter sur divers sujets tirés de nouveau au sort en début de semaine pour leur laisser le temps de les préparer.

 

 

 

 

 

- L’enseignement en 3 semaines consiste à faire comprendre à l’élève les bases artistiques qui permettent d’élaborer une œuvre ou de la jouer.

 

- Les contenus artistiques enseignés sont à la fois tirés des savoirs fondamentaux classiques mais aussi tournés vers le monde moderne.

 

- Nous fournissons des indications sommaires qui pourront être complétées par l'équipe des formateurs.

 

 

 

 

 

 

Ø  La peinture

 

Contenu

 

q  L'apprentissage des couleurs primaires et complémentaires. L’harmonie des couleurs. Le dessin. La synthétisation. La composition. Les formes artistiques utilisées  dans la peinture : l'art figuratif, abstrait, expressionniste. Les différents supports de travail. Les différentes manières de travailler : le patchwork, la customisation, le collage, etc.

 

Épreuves

 

q  Les élèves évoluent comme dans un atelier d’art. Ils servent respectivement de modèle les uns aux autres. Pour ne pas perdre de temps, ils peuvent prendre leur modèle en photo.

 

q  Les sujets des épreuves sont le portrait, le corps, la nature morte.

 

 

 

Ø  La sculpture

 

Contenu

 

q  Les différents matériaux : bois, plâtre, pierre, objets récupérés.

q  Les formes abstraites ou figuratives.

 

Épreuves

 

q  Les sujets des épreuves de sculpture sont le portrait, le corps, ou d'autres sujets libres : comme des thèmes : la liberté, l'amour, etc.

q  On peut tout à fait imaginer des sculptures sur le corps même des participants.

 

 

Ø  La littérature

 

Contenu

 

q  Le schéma actanciel. La chute. Les sonorités. Les types de phrase.

q  La nouvelle, la poésie, le slam, le reportage, etc.

 

Épreuves

 

q  Les thèmes de l'épreuve sont des sujets classiques ou des thèmes de l'académie : l'amour, la souffrance, l'humanité, la dispute, la beauté, la description, etc.

 

 

Ø  Le théâtre.

 

Contenu

 

q  Construction de saynètes. Théâtre forum. Jeu de l’acteur. Improvisation. Travail de mise en scène. Jeu à trois, à deux, en solo, voire à sept.

 

Épreuves

 

q  Ce sont les thèmes sont ceux de la vie quotidienne de l'académie.

 

 

Ø  La danse.

 

Contenu

 

q  Danse contemporaine. Rap. Electro Tech. Construction de chorégraphie. Fondamentaux de danse.

 

Épreuves

 

q  Ce sont des thèmes classiques ou qui reprennent la vie du groupe.

 

 

Ø  La mode.

 

Contenu

 

q  La couture. Les matériaux. 

q  Les élèves sont les mannequins du défilé.

 

Épreuves

 

q  Collection d’hiver, de printemps, spéciale émission.

 

 

Ø  La musique.

 

Contenu

 

q  Les élèves ont le choix soit d’écrire un texte soit de reprendre une chanson connue.

q  Les élèves sont accompagnés musicalement par des professionnels.

 

Épreuves

 

q  Les élèves doivent arriver à exprimer leurs émotions que ce soit avec les chansons connues d’artistes en réputés ou, mieux, avec ce qu’ils auront créé durant le petit laps de temps dans  leur atelier.

 

 

 

 

 

Le concept dénommé "Total Artist’ représente cette épreuve télévisuelle qui réunit des apprentis-artistes dans une académie où leur sont dispensées des formations dans les sept arts suscités afin que l'un d'entre eux puisse parvenir au stade du Total Artist’, à savoir le gagnant de l'épreuve durant 26 semaines.

 

Mais le nom de ce concept pourrait être tout autre : par exemple artiste-académie, les sept arts, Athéna, etc.

 

De même, le nombre d'artistes sélectionnés, la durée de l'épreuve ou le choix des arts peuvent être différents.

 

Ce concept est donc évolutif. Cependant, son idée générale - qui promeut un apprentissage polyvalent de l'artiste - recouvre un champ général assez vaste qui peut être défini par des noms d'émission, un nombre de candidat, une durée du jeu et un choix de matière artistique différents.

 

 

 

Le concept de l’émission de télé-réalité Total Artist’ a été créé par Brkic Dragan, habitant au 30 D rue Louis Guilloux, 35000 Rennes.

Ce concept peut également être décliné par le truchement d’un jeu de société, d’un jeu télévisuel autre que celui défini dans ce document, sur un site internet ou d’un logiciel de jeu.

Toutes sociétés de production qui reprendra ce concept devra préalablement avoir signé un contrat de cession de droits avec le créateur du concept Total Artist’.

Monsieur Brkic Dragan se réserve le droit de lancer une action en justice par l'intermédiaire de son cabinet d’avocat en cas de spoliation de ses droits d’auteur.

 

 

 

 

Rennes le 20 octobre 2007

 

 

Dépôt effectué à la SNAC 

 

 

                             

 

                                                                                                            Brkic Dragan

 

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21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 21:57

Les marathoniens effectuent leur baroud d'honneur

Traduction d'une pièce de Dušan Kovačević

 

 

Acte 1 Dans la maison de la dernière négociation

 

Epoque : 23-07-1972. Environ 17 heures.

 

Le lieu : Grande, vaste pièce aménagée de manière hétéroclite : une armoire de 1846, un chandelier à trois branches fabriqué en 70, un lustre classique en cristal - orné d'une toile d'araignée -, de lourds rideaux noirs, une table de l'époque royale avec quatre chaises, une radio antédiluvienne, une télé et une étagère à livres.  

 

 

Les acteurs : La pièce est encore vide. On n'entend se mouvoir que les rideaux. Le calme apparent est troublé par le vrombissement de l'automobile dans la cour. Après un certain temps, ce bruit disparaît aussi... Laki entre le premier : grand bonhomme robuste. Vêtu sportivement, il  porte une veste négligée. Mirko rentre après lui : jeune homme maigrelet, il tient dans ses deux mains une canne à pêche.  Laki est assis sur le bord de la table. Silencieux, il regarde Mirko. D'un hochement de la tête, il lui fait signe de s'asseoir.  De manière affecté, ce dernier se laisse tomber sur la chaise, croise ses jambes et, lentement, dort de sa poche une boîte à cigarettes. Il demande s'il peut fumer. Laki acquiesce d'un air désintéressé. Mirko allume sa cigarette. Il rejette sa fumée vers le lustre. Laki le fixe avec mépris ; il sort de la poche de sa veste un chewing-gum et, nerveusement, froisse le papier, puis le jette par dessu ses épaules. Il mâche. Tout en lorgnant sur son fils, il lui demande d'un ton hésitant :


Laki : Tu refuses ?

Mirko : Je refuse.

Laki : Tu refuses ?

Mirko : Non.

Laki (fait le constat) : Tu refuses... Donc tu ne veux pas.

Mirko : Je te l'ai déjà dit !

Laki : Oui, oui, oui... Mais que pouvais-je attendre d'autre ? Comme si je ne te connaissais pas... Comme si tu n'étais pas mon fils. Que tu veuilles au moins choisir un boulot un jour ! Non, rien ! que des illusions. Mais ce qui me dupe continuellement, c'est que je suis ton père. Cela me leurre dangereusement... dangereusement... Tu vois dans quelle situation l'on se trouve. Il n'y a presque plus de travail. Nous fermerons bientôt boutique. On doit...

Mirko : Je sais, je sais tout.

Laki : Qu'est-ce que tu sais ? Nom de dieu ! Qu'est-ce que tu sais ?

Mirko (d'une voix ironique, vive et directe) : Qu'ils sont vieux ! que de durs moments arrivent. Que je suis jeune. Que vous comptez sur moi. Que moi aussi j'aurai un fils. Que je m'installerai demain...


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21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 21:29

Lamba-bamba Bamba-lamba

Pièce en 6 tableaux écrite en 1992

 

Tableau 1

 

Epoque

 

En France. Au début de la guerre de l'ex-Yougoslavie.

 

Personnage

 

Bobanne. Maria. L'ange.

 

Situation

 

Dans l'appartement de Bobanne. Nous sommes en plein drame : la guerre fait rage alors que Maria est sur le point d'accoucher. Elle est croate, lui est serbe. Ils attendent la mère de Maria qui arrive tout droit du conflit. Maria est allongée sur le canapé du salon. Bobanne, lui, marche nerveusement de part et d'autre de la pièce.

 

Maria

 

Tu m'énerves ! J'en ai assez  ! Tu t'entraînes déjà toute la journée, et main... et mainte... et maintenant il faut que tu bouges, que tu virevoltes, que tu sautilles aussi à la maison. J'en ai ras-le-bol ! Aïe ! Ah ! tu, tu m'énerves... Ô misère ! Oh mon dieu, sauvez-moi. Sauvez au moins mon enfant !

 

Bobanne

 

Mais bon sang de bonsoir ! Nom d'une vie ! Ce n'est pas parce que je suis énervé qu'il faut que tu t'excites également ma douceur bien-aimée. Calme, calme-toi. Keep your cool blood...

 

 

Maria

 

Quoi ! Quel cool blood ? Qu'est-ce que ?...

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21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 20:47

FOOTNESS-UNE.jpg

 

Sortie en février 2013

 

 

 

 

 

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20 décembre 2012 4 20 /12 /décembre /2012 23:05


À l’heure des déficits publics et de la crise économique, le Parisien, à la suite des articles du Canard enchaîné, revient dans son édition du 9 janviers sur les PPP, partenariats publics-privés. Le quotidien donne de l’eau au moulin à ceux qui pensent que les gestionnaires politiques sont aussi responsables des difficultés économiques que les dépenses sociales.

Le lecteur apprend ainsi que les grands travaux (pentagone français, prisons, hôpitaux, stades, etc.), issus du partenariat public-privé instauré en 2002, sont « une bombe à retardement de 60 milliards d’euros ». Philippe Herlin, chercheur en finances, explique que « le PPP c’est de la dette masquée ». Par exemple, la construction du Pentagone français va coûter 745 millions d’euros, mais l’État devra en pratique verser la bagatelle de… 3,5 milliards d’euros de loyers.

Quelle est l’origine de ce contresens économique ?

En fait, la France a instauré ce partenariat en 2002 alors qu’il avait commencé au début des années 90 au Royaume-Uni. Cette nouvelle donne économique offrait une très bonne affaire au privé et une facilité à courte vue pour le gouvernement parce qu’elle diminuait la charge de l’investissement dans le budget.

Pourtant, plusieurs voix se sont élevées pour dénoncer cette gabegie rampante. La Cour des comptes (Philippe Seguin en tête) a notamment épinglé le recours aux PPP dans la construction des établissements pénitentiaires. Le coût de construction pour une place de détenus couterait ainsi 108 300 euros en maîtrise publique contre 145 500 par le privé.

Comment contrôler cette fuite en avant ?   

L’ancien ministre des Finances, Jean Arthuis, est très sévère avec ces contrats qu’il qualifie « de fuite en avant qu’on ne pourrait plus contrôler ». Il affirme que les PPP sont « une commodité à court terme qui permet de lancer des projets sans faire apparaître tout de suite au budget l’ampleur des dépenses ». Pour contrôler cette fuite en avant, il préconise que « ces contrats soient inscrits clairement dans les projets de loi des finances annuels, avec l’état exact des investissements pour permettre d’avoir un meilleur contrôle et surtout de réintroduire des arbitrages sur des sommes colossales qui impactent l’avenir ».

Même au pays qui a inventé ce partenariat, c’est la désillusion. Le premier ministre britannique, David Cameron a annoncé sa volonté de faire 1.5 milliard d’économie sur les contrats en cours. 800 contrats ont été signés depuis les années 90. Mais depuis la fin des années 2000, certains hôpitaux ne peuvent plus payer leurs loyers. 70 sont en situation de faillite. Nombre de Britanniques réclament désormais de faire machine arrière…

Quelles leçons tirer de cette dommageable gestion publique ?

D’une part, il est regrettable qu’aucun principe de précaution ne soit instauré, quand bien même certains regarderaient toute idée en provenance du monde anglo-saxon comme nécessairement lumineuse. Les hommes politiques doivent suivre avec attention ce qui se passe à l’étranger, mais ne pas s’empresser à appliquer localement des opérations qui n’ont pas prouvé leur efficacité et leur sécurité à long terme.

D’autre part, ces regrettables erreurs devraient servir de leçons quant au contrôle de nos gouvernants. Il manque clairement une autorité de surveillance compétente en investissements et emprunts nationaux ; la Cour des comptes n’intervenant qu’a posteriori.

Enfin, l’objectif d’un modèle économique sain est d’enrichir la collectivité. Que penser, dans ce cadre, de ces loyers versés au privé qui reviennent à payer au final plusieurs fois le coût initial de l’équipement public ?

Source  http://www.unidivers.fr

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